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un oeil sur un monde...

L’ excessive inclusive exclusive

Publié le par mapie

-Attends Manu, il a dit quoi exactement  Gérard?  « tous les danseurs sont attendus à l’heure »?

- oui, c’est ça . A  17h40 devant la salle des fêtes .


- Tu es sûr qu’il n’a pas dit « toutes les personnes qui pratiquent la danse sont attendues à l’heure »?

- Mais non... pourquoi?

- Mais parce que, parce que... du coup, je ne suis plus trop sûre d’être attendue.

 

- Mais, le rock acrobatique  se danse en couple chérie! Si on n’y est  pas à l’heure, il n’y aura pas de représentation !

- ok, ok... soyons pragmatiques. Il a dit ça quand exactement? Avant l’arrivée de l’écriture inclusive ou après?

- Mais j’en sais rien moi! C’est bien les femmes ça ! Toujours excessives! Ce besoin de pinailler sur quelques lettres en plus ou en moins...!

- Ben oui , je pinaille mais à qui la faute? Tu aurais dû réagir! Tu dirais qu’il avait l’air de parler «inclusif » ou pas?

- Ben là, du coup... j’hésite...

- Tu vois chéri! Ça change tout!
Parce que s’il parlait « inclusif », ce qui me semblerait tout de même très exclusif, toi, tu serais attendu là-bas à l’heure, mais pas moi...

En revanche, s’il use du « vieux français » , on peut y aller tous les deux comme prévu, puisque du coup, je suis inclue. Tu saisis le truc?

-... oui... je saisis qu’on avait un spectacle  à 20h et que « je suis »ou « nous sommes » plus qu’en retard au rendez-vous fixé!


- T'inquiète poulet , tout ça n’est qu’une question d’ajustements...la dernière  fois, il a fallu 4 siècles pour s’approprier les règles de grammaire... Ils l’ont dit à la télé ... Il en va de la bonne éducation de notre peuple français! On ne va pas s’alarmer à la première anicroche ! 

- oui enfin là, sérieusement, tu compliques les choses, non?

- Mais pas du tout mon chéri!
Pour tout te dire, ça fait 51 ans que je me fais des idées... Je croyais être inclue dans les phrases du genre «tous les sportifs sont les bienvenus », et il parait qu’en fait , je ne l’étais pas!
Personnellement, j’aurais pu vivre encore quelques décennies ainsi mais apparemment, se faire des noeuds au cerveau  est préférable au fait de passer pour une réac arriérée et  soumise au dictat d’une société patriarcale en perdition depuis.... depuis... toujours!
Donc... je m’adapte mon ange, je m’a-dap- te! Quitte à louper la représentation de danse de fin d’année!  

En attendant d’y voir plus clair sur la situation, un petit rock dans le salon, ça te tente?

- Toujours ma belle, toujours, mais... Du coup là, on fait comment?  Tu mènes la danse ou je la mène?

 

 

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Copine et ses épouvantails

Publié le par mapie

 

Copine n’attend rien de plus des autres, que de vivre comme eux. 
Des gens qui vivent en groupe, qui s’invitent et rigolent et se confient la vie...

Elle voudrait  tellement fort se fondre dans leur clan, qu’elle en devient  gênante car trop accaparante et souvent décalée ...

Les relations sociales devraient être naturelles quand on est une enfant. Mais aussi étonnant que ce soit, Copine n’est plus seulement une enfant, elle a 13 ans. Et à cet âge là, le « naturel » n’est déjà plus dans le relationnel. 
Pourtant, Copine ferait tout pour y arriver:  rire d’elle-même,rire des autres, répondre à  des paris idiots et pardonner sans cesse les coups bas.

Copine est affectée par un TDHA, ce trouble  méconnu et pourtant bien banal qui ne la différencie  qu’à l’inadéquation de ses comportements impulsifs parfois, régressifs aussi et hypersensibles souvent. 

Certes au collège, Copine a des difficultés d’apprentissage. Mais après tout qu’importe, du moment qu’elle a des amis... non? 
Oui... sauf que, tout comme l’amour, l’amitié bien vécue induit la  réciprocité. Copine aimerait tellement, elle aussi, avoir au moins une bonne amie, mais rien n’y fait...

Copine est désarmée.  


Pour attirer la confiance, il faut qu’elle se face confiance. Qu’elle apprenne à s’aimer sans complaisance  certes, mais avec l’indulgence et le respect qu’elle mérite.
Or Copine ne s’aime qu’à travers les autres, ces autres qui ne lui rendent que des moqueries ou de l’inintérêt. 
Elle se sent meurtrie et en colère. Quoi de plus normal?

A la maison, le malaise de Copine a envahi toutes les pièces de la cave au grenier. Copine est épuisante physiquement, moralement et surtout affectivement. Une impression de gachis dévaste les moments de vie.

Sa famille est aimante et copine est chanceuse, elle le sait. Ici aussi, elle voudrait être acceptée, ne pas se sentir rabaissée, dévaluée en regardant la fratrie grandir un peu plus vite qu’elle-même parfois à ses côtés. Elle se sait difficile. On le lui dit souvent. Elle crie, s’énerve et se rebelle parfois jusqu’à la tyrannie.
Ses frères et soeurs se plaignent, ont honte ou moralisent, même les plus jeunes s’octroyent des aires condescendants.  
Compliqué,sous les cris et dans l’adversité, d’entendre l’appel à l’aide d’une soeur ou d’un enfant...


Copine n’est plus chez elle qu’à travers les écrans, là où elle se croit libre d’échapper au jugement.

Les docs, les psy, les aides de toutes parts tentent de l’accompagner pour grandir sereinement.

Et donc... c’est quoi l’histoire?

L’histoire, c’est que, pour que Copine aille bien il faut que ses proches à commencer par elle-même, apprivoisent  qui elle est.
La normalité est un terme galvaudé.
Copine est normale comme vous et moi.
Copine est d’une sensibilité exacerbée. Elle a besoin de gens intelligents autour d’elle. 

Intelligents?

Intelligents , oui, et surtout intelligents émotionnellement parlant. 
Mais nous avons confiance car cette intelligence émotionnelle se cultive!
Copine plante des graines depuis des années et récoltera d’ici peu ce qu’elle a semé.

C’est une question de temps, de patience et de maturité. 

Il faut juste éviter que des blessures ne viennent dévaster ses semis.

En cela, c’est vrai, Copine donne à ses proches beaucoup  de travail. 
Ils sont en quelque sorte ses épouvantails 😉

 

 

 


 

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Heureuses victimes du confinement

Publié le par mapie

En pliant caleçons,chaussettes et autres serviettes de toilette ce matin, tandis qu’un rayon de soleil printanier baignait mon sol carrelé  re décoré  de traces de semelles taille 47 et de miettes de cookies fondus, je me disais que... finalement la terre pouvait bien tousser, le quotidien demeurait le même pour qui abritait des ados à la maison.


C’est simple et efficace un ado.

Il  vous rappelle quand le frigo est vide...

Il entretient la pile de linge « à laver » (Son choc de simplification résidant dans le fait de cumuler dans le même panier aussi bien le linge sale que celui à ranger...  ce qui n’exclue pas de retrouver dans le linge à repasser une chaussette sale, histoire de brouiller les pistes...)

Vous aurez beau zapper sur toutes les chaînes qui vous rappellent le marasme de l’actualité , le nombre de malades ou bien de vaccinés.  Aucune ne saura vous donner le nombre exact de repas critiqués, de pots de yaourts délaissés avec  la cuillère sur le bord d’un bureau ou d’un canapé ou bien encore de draps  de bain humides, abandonnés en boule dans un coin, derrière  la porte... 

Pourquoi ? Parce que cela n’est pas intéressant. C’est juste du quotidien filant, passant,  inéluctablement.
Il n’empêche que les femmes qui ont eu leurs enfants dans les années 2000, celles qui n’ont pas vécu le bac ou pas vraiment, pas vécu les concours ou pas totalement, pas vécu les soirées trop arrosées miraculeusement ,  et bien ces femmes sont les heureuses victimes collatérales du confinement.

 

Dans quelques années, lorsque leurs enfants auront à faire face à des bébés tyranniques au sommeil capricieux, certaines   déclareront avec moquerie avoir survécu, non seulement à une pandémie, mais au confinement avec .... tenez vous bien..... leurs ado- les-cents.  Avouez que ce sera marrant! 

En attendant, le monde tousse sévèrement- Mais reconnaissons qu’en restant les mêmes,  nos jeunes ont ce talent de nous permettre de continuer la marche avec allant, dans notre quotidien passant, filant, inéluctablement.

 


 

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Nourrir et chérir nos souvenirs

Publié le par mapie

Les photos sont figées, mais pas les souvenirs.

 

 

 

L’éclat de  rire, la dispute sans importance, le regard appuyé, la main posée sur l’épaule...

La discussion sérieuse,  la petite phrase touchante, le repas partagé, les moments imparfaits ... 

Tous ces instants  gravés seraient très anodins, s’ils n’étaient le trésor des souvenirs passés.

A présent que tu poursuis ton chemin dans cet ailleurs, à l’abri du regard des vivants, il nous faut nourrir et puis chérir ces souvenirs.
Solidement entremêlés, parfois tronqués ou embellis, ils forment cette étoffe solide qui réchauffe notre coeur, un peu...

Et moi, il me plait à penser que si de cette étoffe , je tire le fil de nos  souvenirs communs  , juste un peu, parfois, là, comme ça... alors , je peux t’apercevoir  nous faire un signe. 

Et ça , c’est si bon.

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La grande volière

Publié le par mapie

En ouvrant les yeux ce matin, sur l’écran trop lumineux de la journée qui commence, un oiseau m’attendait. Rouge-gorge, sorti du nid, il chantait malgré tout, et ses ailes cherchaient à trouver plus d’espace pour pouvoir mieux voler.

_

Vivre moins lourd de sa chape de secret, n’est pas vivre léger.
« Faire mal » pour ne plus « se faire du mal » n’est pas un choix en soi, juste une nécessité.

Si de son bec l’oiseau a rayé  un peu le vernis de nos certitudes ou de nos confortables acquis, du polish et du temps sauront bien faire l’affaire.
Et quoi... La patine n’en sera que plus belle.

Et pour ceux qui n’ont pas le temps?
Bien souvent, ils sont sages... et savent que « quelques éraflures  sur la carrosserie » n’est rien, comparé au confort de vivre bien.

La différence et les incertitudes sont déstabilisantes. Elles ne sont pas pour autant menacantes de danger. 

_

Déploie tes ailes l’oiseau, il y a de la place pour chacun dans cette grande volière, que l’on appelle terre.

 

 

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Est ce que ce monde est sérieux?

Publié le par mapie

La circulation est fluide, tant pour le covid que pour les voitures. Je traverse la place de la République dans la froideur hivernale, les sens en éveil et les orteils gelées.

Mes impressions cohabitent, s’entrechoquent, et se noient dans un flot de questions assourdissantes. Une révolte passive implose dans ma tête pour laisser place à l'alternance de flashs d'incompréhension, de gratitude, d'amusement, d'agacement...

Formuler l’incompréhensible...ou l’indicible, chercher à y trouver du sens en jouant avec l’ordre des mots.... telle est la quête du jour.

 

Empruntant le trottoir comme tous les autres gens, je l'aperçois, calé derrière sa "couverture-porte".  Calfeutré entre l'entrée d’une brasserie condamnée par la pandémie et un rideau de "survie" jaune d'or,  l’homme s’est constitué un "chez lui", avec une vue imprenable sur l'agitation de la place... 
Seul dans son une pièce-terrasse de 80cm2, il regarde une vidéo sur une tablette reliée à un smartphone.

Je le vois. Je l'observe, un peu comme un passant regarderait dans le salon illuminé d'une maison à la nuit tombée. Je pourrais presque l'envier tant il ne semble pas souffrir du froid, lui...

- Comment peut-on dire une chose pareille? Cet homme est à la rue!

- C'est bien la raison pour laquelle je ne le dis pas. Je l'écris... voilà tout.

Une interrogation me traverse et retraverse l'esprit. Comment un homme sans domicile, peut-il concilier une vie dans la rue et le top de la téléphonie et des objets connectés?  Est ce que Darty déstocke en ce début d'année?

Je sais que je ferais mieux de me demander pourquoi cet homme se retrouve seul sur le trottoir et dans le froid... Mais quoi? Suis-je la seule à trouver étrange cet état de fait?  

Acheter un téléphone est moins cher que de louer un logement mais tout de même... On n'obtient pas un téléphone ou une tablette  à se caler derrière l'oreille comme on réclame une clope au passant...

Toutes ces questions sont sans doute incorrectes, et malvenues... Mais, dans quel monde vit-on? Un monde où les réseaux sociaux et les vidéos sont plus utiles à la survie que la chaleur d'un foyer?

Cet homme va t'il retourner ce soir dans un lieu sordide pour dormir, ou va t'il rester là, avec son téléphone pour seule compagnie...

Je suis passée. Je ne pouvais tout de même pas m’immiscer dans son intimité même si celle-ci  commence sur une marche d’escalier.  Je ne fais pas une découverte. Je sais que la misère est dans la rue... mais j'avoue, que la misère ne m'a jamais semblée aussi... cruellement moderne qu'à ce jour.

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Un peu plus loin, dans une ruelle pentue, alors que je suis de nouveau au chaud dans ma voiture, un vieux monsieur barbu, un peu hirsute, tire un cabas à roulettes. Démarche lente et fatiguée, solitude apparente. Le soleil de midi éclaire la rue droit au dessus de nos têtes. Il fait toujours aussi froid. Il s'arrête, dresse sa face vers les rayons du soleil et sourit.

Seul au monde, il profite quelques instants. S'il savait le ravissement qu'il me procure à moi, qui le regarde depuis le siège accompagnateur...Un pur délice. Une flocon de douceur .

Ne rien gâcher. Juste apprécier l'instant. Cet homme en s'arrêtant a arrêté le temps, et je me prends à apprécier aussi la douceur caressante des rayons sur son visage ridé.

Le soleil est décidément un bien commun, qui contrairement au sol, ne peut être monopolisé. Chacun peut en profiter, si tant est qu'il le sache. Assurément cet homme lui, le sait.

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Sur les quais de Jemmapes où l'on aime à se promener, un homme étend son linge: un  polaire terne et de couleur improbable. Sa tente Quechua est ouverte.. Croyez vous qu'il aère???  

Il est en pull et ne semble pas avoir froid... suis je donc la seule dans Paris à souffrir de l'hiver?

Je souris bêtement face à l'ironie des choses.

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Sur le boulevard, un père et ses trois enfants prennent l'air et s'agitent et s'ébrouent. Des gens comme vous et moi, ou peut être juste comme moi... sauf que... sauf qu'eux, rien ne les étonnent plus.

 

C'est juste comme cela n'est ce pas... juste comme cela... un seul monde... un monde pour tous, mais habité différemment...  et une seule vraie question : 

Est ce que ce monde est sérieux?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un puzzle pour Noël

Publié le par mapie

J’aime les puzzles.
Pas ceux en 3D , non, les puzzles classiques , bien à plat dont on cherche les bords en premier.

Ceux qui prennent des heures, des jours, des nuits... Ceux que l’on débute sur le sol ou sur un coin de table et autour desquels  l’un ou l’autre,  nous rejoint  pour  papoter ou « forcer » deux ou trois pièces  ressemblantes à l’idée qu’il se fait du modèle.


« Mes souvenirs de Noël » est le plus complexe de ces puzzles.

 

Toutes ces pièces détachées aux contours approximatifs sont si proches d’une année sur l’autre qu’il parait incroyable qu’elles ne s’emboitent pas plus facilement  entre elles ...  mais les nuances , les tons, les intentions ont évolué et l’enthousiasme aussi... seule persiste cette nostalgie et la profondeur des sentiments qui ressurgissent à la simple évocation  de la période.

 

Plus de souvenirs, plus de personnages, plus d’absences, plus de reliefs et d’aspérités.. des changements  de lieux, des changements de temps, des changements d’époques... et toujours ce lien, qui même à distance des siens, fait que nous restons proches.

Un concentré de vie en quelque sorte.

 

 

Ce qui fait la complexité d’un puzzle, ce n’est pas la forme de ses pièces, mais la multitude des détails.

Si je devais représenter un seul Noël, je saurais  disposer les souvenirs en ordre et les canapés et autres verrines  sur le piano à queue. Je saurais laisser papa à l’abri de l’effervescence dans son bureau jusqu’à l’heure fatidique et décrire maman sans doute fatiguée de  l’enthousiasme débordant de ses six enfants et des repas multiples à gérer. Mais il ne s’agirait alors que d’un souvenir, certes beau et doux mais trop simple à recomposer.

 

Le puzzle de mes Noëls est bien plus intéressant  et bien plus compliqué.

D’autant que Noël,  si l’on remonte à loin, débute en automne, lorsque les premiers catalogues de jouets arrivent dans les boites aux lettres et que l’activité des papillons blanc bat son plein.

Il débute à l’heure du film, lorsque les parents sont dans le salon et que deux de mes frères et moi sommes  déjà en pyjama, au coeur d’une société  secrète : «le club des trois sapins »

 

Un seul objectif:

Réfléchir à réinventer chaque année le réveillon que nous savons ne pas vouloir être différent.

 

Ecrire le menu, décorer la maison, fabriquer les guirlandes en tressant du crépon et découper de longues bandes de papier colorié au feutres  et agrafées en cercles mêlés, pendant de nombreuses soirées.

Avec le recul et la morosité de nos yeux d’adulte, l’esthetisme n’était pas forcement à la fête, mais qu’importe.

 

Confectionner des cadeaux de nos mains: poupées en laines et pompons, napperons de papier, dessins, vitraux, bougies et autres modelages (merci Mako!) était un travail à plein temps.

Nous achetions ensembles de grands paquets de bonbons, nos trésors, que nous répartissions  dans des cornets fabriqués  avec les pages de vieux catalogues de papier peint...

 

Et puis, le jour arriverait où le  top serait donné,  puisque mamie aurait envoyé  les truffes au chocolats qu’elle avait faites tout spécialement pour notre frère kiki.

 

La date s’approche... rédiger le menu et l’afficher dans l’entrée,  et le jour même, faire le plateau de  fruits secs sélectionnés par papa sur la place du marché, descendre la sono et cirer ses chaussures, mettre la table et passer de nombreuses heures dans la cuisine à faire des canapés et autres verrines,  préparer le feu... ouvrir les huitres et inonder le sol d’eau salée... se faire belle... préparer le cocktail pour le retour de la messe, le goûter.... le regoûter.... le re re goûter ....  Tout le monde arrive un peu trop en avance, ou un peu trop en retard....  l’un réclame en urgence du materiel d’emballage pour ses cadeaux achetés à la hâte, l’autre prévient qu’il est encore dans les embouteillages...

 

Vous savez quoi?
Peu importe, le sapin clignote dans l’entrée et la musique d’ambiance témoigne du fait que tout est sous contrôle ...

 

Le buffet autour du piano, puis les huitres autour de la table, le foie gras, les rires, et le vin... le bonheur de se voir, de se chambrer, entre frères et soeurs, de se raconter et plus tard de raconter aux nouveaux venus qui devront surnager dans une telle animation. 

 

Le sapin est ceint d’une  multitude de cadeaux de toutes formes, parsemés de papillotes et de boites de chocolats.

Bientôt ce sera l’heure...

Elle, sur la quatrième marche pour surplomber, et lui qui n’ouvrera ses cadeaux qu’en dernier pour mieux profiter... Le bruit des ha, des  ouh... et un jour, ai-je révé?…cette boite de conserve que maman a dû ouvrir pour découvrir un bijou! J’étais ébahie devant cette idée si.. merveilleusement décalée.

 

Pas de père noel chez nous.. juste une famille qui se gate et se gâche parfois... ce qui rend certains moments  plus..

prégnants.
 

Quand la famille s’agrandit , un nouveau sentiment d’inconfort s’invite à la table. Le bonheur d’élargir la famille se mêle à  la peur de risquer d’en perturber l’alchimie .

 

Qui d’autre que nous peut s’adapter à ce mélange de stress, de bonheur, d’énervement, de fatigue et de joie? Il faut être tombé dans la marmite petit... 

 

Etrangement, les choses changent, d’un Noël  sur l’autre, et malgré tout, restent iimmuables. L’impossible gestion du temps, du nombre, des âges... n’est finalement que l’équation insoluble de la vie qui passe...

Nous avons des beaux frères et belles soeurs, des enfants, des neveux, et le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire est de tomber dans la « marmite »à leur tour.

 

On dit souvent que les cadeaux sont un détail... que Noël ne se résume pas à cela, et c’est une certitude. Mais les préparer est un souvenir merveilleux, et savoir les recevoir est, à mes yeux, quelque chose qui rend heureux..

Qu’elle était belle ma poupée qui fait pipi toute seule, et plus tard ma poupée Lucile ( prénom  de ma future fille) , ma  paire de pointes d’athlétisme , mes jouets, mon spyrographe, mon chemisier brodé... une collection limitée...

 

Qu’il est formidable mon puzzle «  mes souvenirs de Noël »!

 

Nous avons simplifié les organisations, nous ne sommes plus aussi nombreux lors de nos réveillons, mais nous sommes riches de nuances, de teintes, et d’émotions et traçons les contours des pièces à chaque nouveau Noël.

Nous avons perdu des êtres très chers, qui restent bien présents. ( je pense évidemment tout particulièrement à celui qui continue là où il est à nous regarder déballer les cadeaux en premier... juste pour profiter...)

 

J’ai toujours pensé que nous avions une chance extraordinaire d’être nombreux. Une chance extraordinaire d’être si gaté. Une chance extraordinaire d’avoir un tel puzzle en héritage.

 

« Mes souvenirs de Noël » est un puzzle inestimable .

 

Impossible de perdre des pièces. ..Joyeux Noël !

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La trempe d’un trump

Publié le par mapie

 

Trump

mon nom est bob Trump...

 

Ça sonne bien Bob.  Bref et sourd, comme une reprise  de  balle au bond... Ma mère  dit que je suis venu direct au monde, en une seule contraction...que quand bien même « Robert » aurait souhaité se présenter,  « Bob » l’aurait coiffé au poteau! C’est dire...si mon prénom mérite sa contraction !!

 

 

Comme tous les autres, vous vous dites que Bob, ça sonne américain , que  je suis pistonné. que je suis  de ceux qui  naissent  sur le green, le cigare a la bouche et le club à la main... En cela, vous avez presque raison.

 

Plus jeune, j’étais  « caddie » au golf de Marne la Vallée et je me débrouillais bien en revendant les balles perdues  sur les chemins alentours..

Certains me disaient que j’avais un sens des affaires hors du commun surtout  quand je leur revendais leurs propres balles que j’avais signées des lettres B et T entrelacées.

Il me disaient en riant:

« Bob tu es de la trempe de ceux qui ont de l’or entre les mains! »

Et je leur répondais:

« de la trempe d’un Trump »!

 

Et puis, un succès en entrainant un autre, je suis devenu le boss de ma cité. J’ai monté une affaire de squat dans les parkings, vraiment fleurissante. Le principe est assez simple. Tout est une question d’entregens. J’ai un réseau de squatteurs qui me développent un réseau de « propriétaires indignés »auxquels j’offre une prestation de location de leurs propres parkings « réservés et sécurisés ».

Dans ma cité, j’ai à moi seul, pour ainsi dire, créé le plein emploi.

D’ailleurs quand les  propriétaires  satisfaits me disent:

« Bob, tu es de la trempe des meneurs! »

Je leur réponds:

« oui de la trempe d’un Trump »!

 

 

- numéro 164 - Monsieur Bob Trumpeski?

- c’est moi

- Avez vous enfin commencé à chercher un emploi?

- Euh... pour l’instant non... je ne suis pas en plein accord avec mon employeur quant à mon licenciement...

- Mr Trumpeski... Vous n’avez pas d’emploi juste quelques affaires illégales à cesser!  faudrait commencer à vous y faire!

 

 

Oh, je sais bien ce que vous vous dites .

Ce Bob Trumpeski nous a raconté des histoires.

Il n’a ni le nom ni le moindre lien avec la famille Trump.

Mais vous savez, n’est pas Trump qui veut. Il faut pour cela, avoir la trempe d’un Trump.

 

 

Trumpeski

Mon nom est Bob Trumpeski.

 

Et Je suis en toc.

Normal, on dit que « je suis de la trempe d’un... »

 

 

 

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Que celui qui ne s’est jamais senti à côté de ses pompes. me jette la première tong...

Publié le par mapie

Mesdames, messieurs,

 Si je me juche sur le tabouret de la cuisine aujourd'hui c'est pour être à la hauteur de la tâche.

Elle est large, incrustée et je crois même qu'un traitement prolongé ne suffira pas à en venir totalement à bout.
 

Notre société ne marche pas, vous en conviendrez!

Elle est là, sidérée , tel un animal agressif,  en position d’attaque dans le fond d’une impasse.

Non, mais regardez vous !

Regardons nous! 
 

 Je ne dis pas que nous ne faisons rien... Les think tank s’affairent et nourrissent les grands pontes de dossiers contradictoires tous aussi interessants. Les médias se dispersent et tirent des bouts de ficelles resserrant la bobine et étouffant  nos dernières certitudes...

Qui sait aujourd’hui de quoi demain sera fait?

Qui sait aujourd’hui que faire pour demain?

Il va sans dire que du haut de ce tabouret, je ne sais pas plus que vous répondre à la question.
Il va sans dire que d’être debout sur ce tabouret me permet de ne pas m'assoir le cul entre deux chaises...
Car c’est bien cela n’est-ce-pas? Vous êtes tous ici, assis le cul entre deux chaises...
Et pour cause, Il y a de quoi se perdre...

 

Que celui qui ne s’est jamais senti à côté de ses pompes nous jette la première tong! Surtout ces derniers temps...

 

Quelqu’un peut-il me dire avec assurance quel vehicule choisir? Gasoil, essence, électricité, ethanol etc 

Quelqu’un peut-il me dire avec assurance ce qu’est le bien vivre ensemble? Les hommes, les femmes, les noirs, les blancs les gros les minces, les jeunes, les plus agés....

 

Quelqu’un peut-il me dire comment nous protéger au mieux de cette saloperie de virus tueur,? Quoi, pas tueur?... ah ok pas si tueur que ça, selon certains....oui enfin tueur tout de même vous en conviendrez.... test pas test, masque, pas masque, vaccin, pas vaccin, etc etc

 

Les  complotistes complotent.

Les  réacs s’activent.

Les anxieux s’angoissent et emplissent les cabinets de psychothérapie.

Er malgré tout...

Il faut vivre, dit-on

Il faut faire attention, dit-on

Il faut etre ecolo, dit-on

Il faut etre prudent,  dit-on

Il faut bosser,  dit-on

Il faut rester chez soi, dit-on

Il faut aller à la fac, dit-on

Il ne faut pas aller en soirée, dit-on 

il faut consommer dit-on

Il faut apprendre à consommer moins mais mieux, dit-on

Il fait beau dit-on

Il fait trop beau pour la saison dit-on

Etc etc...

 

Moi, je vais vous donnez un truc...pour marcher dans un tel chantier:

Commencez par déjà bien vous chausser!
Ne portez pas de tongs, vous éviterez de vous râper les orteils et préserverez vos tendons d’Achille... ben oui... devenir fort c’est savoir accepter ses faiblesses...

 

Prenons les choses dans l’ordre... et surtout ne tirons pas comme des forcenés sur les fils...

Un noeud se desserre à force de patience.
Inutile de vous dire que descendre dans la rue pour tout casser, échanger nos microbes et user nos cordes vocales tout en épuisant l’économie revient à resserrer le noeud...

Bon, tiens Roger, aide-moi à descendre de la table s’il te plait...

Je range la cuisine et on reparle de tout ça autour d’une tasse de café...

( purée ca fait du bien.... la prochaine fois je lâche tout ça à l’assemblée..)

 

 

 

 

 

 

 

 

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La ligne de crête...

Publié le par mapie

Je n’ai plus rien à dire depuis que je vis en autarcie. Les jours se ressemblent tous et je ne trouve aucune excuse  au réveil de sonner le lundi  ou de raison valable au dimanche d’être une ‘fin de semaine’.  Difficile de donner gain de cause à un calendrier qui hésite lui même à exposer ses dates, de peur qu’elles ne soient incertaines  ou encore trop lointaines...

 
J’ai croisé des humains qui passaient dans la rue, leurs sourires n'étaient plus que morceaux de tissus. C’est triste, je l'avoue. Et le plus étonnant est que  ce voile qui protège le nez et la bouche semble occulter aussi le regard de manière absolue. Des lors qu’ils sont masqués, les gens ne se voient plus. Ont-ils peur que leurs yeux ne reflètent plus rien?  Nos âmes seraient grippées, figées et confinées ?

Non non... rien de tout cela. Plutôt une fierté mal placée de se sentir fragilisé, ou un goût prononcé pour le ‘vivons cachés’. 

 

A présent, on me dit qu'il faut reprendre vie: travailler, partir en vacances, et surtout consommer.

 Que tout n'est pas fini mais qu'il faut faire avec... équilibrer danger avec légèreté d’être .... bref faire l’équilibriste sur la ligne de crête.

 

Certains nous disent que cela finira ... ou pas...

Moi je dis, c’est assez rassurant, sans trop...

 

 

 

 

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