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les fabuleuses fabulettes

Tolérance et bien-pensance

Publié le par mapie

 

 

 

- « tu vois friboule, c’est intéressant ... si tu acceptes le fait que cet homme te vole systématiquement ta place de parking sous le nez, cela deviendra une habitude parmi d’autres qui ponctuera ta journée , et il n’y aura plus de sujet! »

Du plus loin que l’on se souvienne, Arthus  le sage  avait toujours une excuse à brandir telle une cape d’immunité pour accepter les méfaits qui lui était donnés de voir ou de subir.

 Il voyait en tout homme, matière à trouver une raison valable à la mauvaise action ou à l’insupportable. Il vivait au sein même du village, près de la place du marché, au coeur de l’action. Sa case était ouverte à tous, ou presque tous, à condition de retirer ses chaussures avant d’entrer. Il habitait la seule case ronde du village, un euphémisme si l’on en juge à la capacité perpétuelle que ce vieil Arthus avait pour arrondir les angles. Il se plaisait à dire que la quadrature du cercle offrait asile à l’imperfection des êtres.


Mais s’il y avait du bon dans son comportement toujours enclin à la clémence, il y avait également ce petit « je ne sais quoi » propre aux  bien-pensants qui agacent certains, voire exacerbe leur colère.
Car, Il faut bien l’avouer .. la bien-pensance d’Arthus pouvait être très agacante: 

S’il se faisait dépasser à la caisse d’un supermarché, il se disait que sans doute était-ce parcequ’il était moins pressé qu’il ne l’aurait pensé .

Si un gamin volait sur l’étal du marché, il minimisait son délit jusqu’à le rendre inexistant.

 Et quand il ne pouvait pas expliquer l’inexplicable,  il expliquait tout de même que  la meilleure facon de ne pas avoir à expliquer l’inexplicable restait d’accepter les choses  et de se faire une raison.

Ainsi tout était  plus supportable.


Mais un matin , alors que, comme souvent,  Friboule retirait  ses baskets et entrait chez Arthus pour se rafraichir après avoir fait un tour sur la place du marché ... il déclencha  la colère d’ Arthus, en exhibant deux chaussettes totalement dépareillées.
Car, seule deux choses insupportaient Arthus:  les gens qui portaient des chaussettes de couleurs différentes et ceux qui mélangeaient les pois et les rayures avec acharnement.
Ces gens là rompaient l’équilibre d’une nature pourtant si parfaite. Ils représentaient pour lui le chaos, l’embarras, la saleté, et sans trop exagérer: la lie même de l’humanité . 
 

Friboule, choqué par un tel accès de colère , en parla à  ses voisins et décida de donner une leçon à  notre bien-pensant.

Il entraina chacun  à porter à la vue du sage, des tenues chamarrées de couleurs improbables, à pois et à rayures dans les jours qui suivirent.

Arthus se senti alors très vite agressé, s’emporta et devint à son tour agressif. Depuis sa case, on entendait  le vieil homme traiter « de mal  finis » et de toutes sortes d’insanités les gens de son quartier, ceux-là mêmes qu’il aurait défendu aux yeux de tous, quelques jours plus tôt, quelque soit le sujet  ... 

Disciple fidèle de ses nombreuses leçons, Friboule lui répondit alors:

-  observe Arthus, si chacun met des chaussettes différentes  , cela devient un mode d’expression, un besoin de montrer son refus du diktat du paraître au profit de la richesse de son « moi »profond! 

Arthus ne peut pas, c’est plus fort que lui, et lorsque friboule lui offre une paire de chaussettes dépareillées, il devient fou furieux et sort de ses gongs ou plutôt remonte les gongs de la porte de sa case, pour mieux se préserver.


Depuis ce temps... il ferme sa porte et s’il a de la visite, ne demande plus à ce qu’on retire ses chaussures. Et oui, cet incident a ébranlé ses certitudes...

Car Arthus le sage a compris que la tolérance a des  limites, que même  la bien-pensance ne suffit pas toujours à endiguer.

 

 

 

 

 


 

 

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Le cerf et le veneur

Publié le par mapie


- Arrêtez donc cette bête! Il pourrait m’embrocher! Le veneur prit la fuite devant le cervidé. 
 

Les yeux plissés  sous l’effort et le visage strié par le fouet mordant des rameaux de sureaux  mélés de ronces, l’homme sautait dans les bois. Il était aux abois.

Sa tenue d’apparat, taillée sur mesure  et qui lui conférait l’élégance de l’uniforme à défaut  de l’élégance du coeur, venait à se teinter de terre et de verdure. Enfin, l’homme se fondait un peu dans la nature.

Des cerfs, des sangliers et autres lièvres le talonnaient . Une partie de la meute des chiens s’était jointe à la troupe. Infatigables, ils aboyaient et orientaient la course du chasseur traqué pour ne plus lui laisser de choix.
Il finirait acculé contre un arbre, entouré par les bêtes. Le stress , la terreur, et l’immense fatigue auraient raison de lui... 

Ils les imaginaient déjà, cruelles créatures , trinquant dans la clairière autour de sa dépouille... heureuses d’avoir coursé jusqu’à la fin un veneur pour le fun...

Il était bel et bien bête et se comportait comme un sauvage. Aussi commençait-il, à comprendre à quel art les animaux qui le coursaient se prêtaient eux aussi.

La vénerie ne met-elle pas en jeu les prédateurs face à une proie somme toute, suffisamment rusée, pour pouvoir parfois tout de même en réchapper?

 

Alors que la forêt  laissait place à la ville, il traversa la route et pris d’un fol espoir pénétra dans la gare... les cerfs et les lapins approchèrent  de lui, les sangliers méfiants patientaient dans les bois.


Abattu et prostré, le regard suppliant, le veneur  observa alors ses assaillants...

C’est  ici, sous les yeux des passagers hagards , et puis bien entendu du contrôleur de gare, que le cerf baissa les bois très doucement.

A la ramure  du cervidé, un trousseau argenté suspendu l’attendait.
Il semblait vouloir dire : « tête de gland, tu as perdu tes clés ».

L’homme les reconnu, les attrapa, se leva, tapa sa redingote et traversa la voie.
C’est l’air fier et altier qu’il se mit donc à déclamer: 

« Le plus naturellement qu’il soit, le chasseur chasse sa proie... la vénerie est noble , on ne chasse que du sauvage... au risque de malmener, il est vrai, parfois notre équipage ... mais tout est dans la beauté de l’acte... voyez comme sont ces bêtes... bons joueurs jusqu’au bout! Nous restons bons amis, la preuve en est... cet animal m’a gracié! »

Si l’animal est parfois sauvage, l’homme lui, peut être bête et souvent même capable des pires sauvageries.

 

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ordre et chaos

Publié le par mapie



C’est si charmant un écureuil qui fait ses provisions avec application. Il cache ses noisettes à l’unité dans un petit trou de terre.. avec l’espoir de les retrouver quand le besoin s’en fera ressentir...sinon... sinon il devra faire sans... 

Dans le désordre de nos vies, joli chaos bien établi, se cachent souvent quelques trésors  qu'il nous faut perdre pour avancer..

L’écureuil a perdu sa noisette? Galère... mais cela laisse à l’arbuste une chance de pousser..

Ce qui doit être, impose souvent assez naturellement l'ordre des choses

Ordre et chaos . recto et verso , pile et face, ping et pong...

Enfin, là , il s'agirait plutôt de Tic et Tac...

 

Tu trouves que le noisetier met du temps à pousser? 

Je comprends, moi aussi je trouve que le temps est long et les jours actuels assez peu cléments...

 

Mais comme dirait le vieil écureuil, si on lui donnait la parole....

"Quand tu n'as plus de noisettes....en attendant,  mange donc des glands!" 

Évidemment, cela reste de la psychologie d’écureuil... mais cela a le mérite de nous rappeler que sous le tapis de feuilles humides et détrempées qui commence à s’amonceler, il y a de bonnes raisons d’imaginer quelques trésors pour les temps futurs... et ça... on en a tous besoin.. que l’on soit rongeur grimpeur  ou bien humain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Qui de l’oeuf ou de la poule?

Publié le par mapie

Maitre poulet sur sa broche tournait, et refaisait le monde sous le grill du boucher.

« Mais qui sont ces tordus qui compliquent les choses?
De la poule ou de l’oeuf, qu’importe le premier!
Il n’est pas d’état d’âme à bien se sustenter ,
Un seul pré requis: que l’oeuf soit bien frais. »

 

Dame gallinacé,  au pot se délassait et ressassait la chose, dans son bain d‘aromates .

« Que demande le peuple? Le marché est réglo. 
Dans tous les poulaillers depuis la nuit des temps, tu me donnes tes déchets, Moi je t’offre plus riche qu’un oeuf fabergé!

Vitamines , nutriments, le reste pour enrichir le sol... Pourquoi se faire des plumes?  Tout est bien orchestré ! »
 

 

Le coq dans sa cuisine, au  vin se « pochtronait », les vapeurs de l’alcool lui montant à la crête, l’aidaient à réfléchir:

«allons les filles....Faut se décarcasser, voyez,  moi, j’ai trouvé: 

Regardez la coquille et si l’oeuf est daté, c’est que sans aucun doute, la poule  l’aura signé ».

 

Poulet grillé et poule-au-pot regardaient ébahies Le patron , en cherchant à comprendre de quelle façon il pouvait aussi vite répondre à la question.

Debout sur ses ergots, et dans un dernier cocorico enivré, il ajouta ceci: 

« pour dater tous ces oeufs... Il eut fallu tremper une plume à l´encrier, or l’oeuf est lisse et glabre... La poule aura donc dû fournir l’une des siennes. 
je sais.. je sais.. fallait juste y penser...

 

De morale il n’y a pas...

Allez juste voir sur vos oeufs..  s’ils sont bien tous datés...

Si ce n’est pas le cas, le mystère reste entier...

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La terre est bleue

Publié le par mapie

Il fait beau,

Sur la plage les sternes improvisent un match ,

un bigorneau farceur s'est proclamé  « ballon ».

Sur un bout de trottoir, un chien promène son maitre

quelques enfants rêveurs prennent l’air à la fenêtre.
 

Il fait beau,

Sur le périphérique , un hérisson s’élance,

il traverse la grand voie en toute sécurité.

Il sera le premier à voir l’autre rive,  

le moment opportun s'est enfin présenté.

 

Dans la ville, le bourdonnement des bêtes a haussé son volume.

Dans les champs, les légumes poussent  "bio", s’entendent croitre  et profitent.

 

Il fait beau,

L’araignée se balance, elle étire son fil,

les vents lui sont cléments, la chasse sera bonne.


Dans les bois, le gibier se libère les pattes,

et les fourrés  s’agitent plus qu'à l’accoutumée. 
 

sur la banquise les ours, ont plié leur transat,

plus de bateaux de croisière à regarder passer...

 

La terre est monochrome.

Le ciel est bleu, la mer est bleue, les glaciers sont bleus...même nos rêves le sont... bleus.

 

Il fait beau,

Dans le jardin, un chat passe d'un pas tranquille,

il a la gueule chargée d’un campagnol grogui...


La fable parait si belle, qu'elle en est trop cruelle.

Ce réveil en "douceur".. est bien trop cher payé ...


 

 

 

 

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En vert et contre vous...

Publié le par mapie

- "En vert et contre vous j'irai au bout du monde",

coassait la grenouille accrochée à son prince .

"Point de vagues  pensées inutiles et factices,

batracienne je suis,  crapaud vous resterez...

Et nos amours sincères n'auront aux yeux des autres que trop peu de valeur pour être partagées.

Goûtons à notre sort, partons chasser la mouche , et partageons ainsi ce qui nous est donné. "

 

Et sur son nénuphar la belle devisait, quand un héron cendré se plut à lui répondre:

"Apprenez demoiselle que les amours cachés résonnent bien trop fort pour de tels trésors,

que je pique du bec vers vous, à cet effet,  de vous offrir le gite à tous deux sans tarder"

 

Ainsi dit , ainsi fait.

 

Le "prince et la princesse" rêvaient un meilleur sort...

Le héron quand à lui appréciait la romance...

et guettait les têtards qui jouaient sous les feuilles,

légers, naïfs et gais...  inconscients du danger.

 

 

 

 

 

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Sur le chemin de ronde

Publié le par mapie

( suite du thème des impromptus..)

 

Sur le chemin de ronde je protège la vie

des aléas qui courent

Je nous sais en sursis.

 

Alors je tourne en rond... je scrute et je m'inquiète.

Je jette l'huile bouillante en veux-tu, en voilà

sur la menace qui plane, sur l'avenir je crois...

 

Et là juste  sous mes bottes,

les douves habillées de nymphéas trop calmes 

résonnent du chant trompeur de grenouilles rigolotes.  

 

Elles ourdissent un complot

la duperie du naif , la tromperie du joli, la veulerie du bonheur

moi je guette les accès à la cours intérieure.

 

Et puis, c'est la relève... je cesse de tourner

Les nymphéas m'enchantent, les batraciens aussi 

Retour de l'espérance , je baisse le pont-levis.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Monologue du banc public

Publié le par mapie

Texte écrit sur la consigne des impromptus litéraires: "Quoi de mieux qu'un banc public qui monologue !"

 

Bien évidemment, vous pensez que j'ai de nombreuses choses à vous raconter... des anecdotes, des secrets inavouables à partager... Depuis le temps qu'ils se posent sur moi à toutes heures du jour ou de la nuit...

Mais non... Non moi, vous voyez, non content d'être uniquement public, je suis également un banc pudique.

L'usure du temps qui passe polit les veines de mon bois et mes noeuds témoignent des amours passées sur les trois lattes de mon assise. C'est vrai, j'ai vu lire, pleurer, pique-niquer, rigoler, aimer mille et une fois, mille et une âmes. Mais j'ai toujours fermé les yeux quand il fallait préserver leurs moments en suspend. 

Et plaise au ciel et à monsieur le maire de ma commune qu'ils en viennent d'autres à me côtoyer, je saurais soutenir sans pour autant être un banc trop présent.

Parfois on a gravé dans mes veines de vaines initiales ... mais l'humidité m'a fait gonflé. La sécheresse m'a rétracté... Et finalement, mes cicatrices ne témoignent plus d'amours passés mais du  passage de l'amour sur mes planches et ce côté intemporel et humain me plait.

Témoin muet, discret,  mobilier  de quartier au charme un brin désuet, je suis le banc. Et grâce à vous, à cet instant,je me sens important, posé là sous votre fondement.

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Le coquillage

Publié le par mapie

Texte écrit sur la consigne d'écriture des impromptus littéraires: " Les repères maritimes"

 

Tu colles un coquillage à ton oreille, tu fermes les yeux et…

Tu écoutes les sternes  qui crient, qui volent, se posent, s’envolent, marchent en sautillant,  se posent sur l’eau, se laissent portés par les vagues…

Tu écoutes les gens du coin et les gens de passage…  Les enfants sont agacés car il faut descendre jusqu’à la mer et qu’à pied c’est loin.  
Les connaisseurs ou les optimistes  ou les connaisseurs optimistes  disent pour la troisième fois de la journée: « il pleut… pas grave … c’est la marée »… ou t’expliquent que si tu ne vois pas les iles c’est bon signe…

Tu respires les embruns, le varech, la pelouses tondue, les genets, les hortensias ( ça a un parfum l’hortensia?… peu importe… tu respires…)
Tu expires tes tensions, tes humeurs pour les mêler à ce parfum chahuté et chahuteur de bord 
de mer.

Tu t’imprègnes de sable, de sel, de cet air frais et poisseux , vif et revigorant si tu prends juste le temps d’accepter qu’il te vide pour mieux t’emplir.. 
Tu marches dans l’eau voire même tu t’y baignes avec cette petite fierté d’être de ceux et celles qui abordent les 16 à 17 degrés de l’eau de juillet.


Tu regardes, tu admires, tu contemples, tu t’émeus, devant la beauté du panorama, les couleurs de l’eau, les coquillages, les galets, les rochers aux formes étonnantes. 

Tu t’amuses en regardant les petits qui courent remplir leur seau d’eau… et reviennent bringuebalant le seau à moitié vide, n’ayant gardé qu’un fond d’eau mêlé de sable car le reste s’en est allé…


Tu goûtes  une croute à thé, un kouing aman, une bolée de cidre, une beurre sucre… 

Tu retires ce coquillage de ton oreille, tu ouvres les yeux 

et tu souris.


 

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Le premier été...

Publié le par mapie


( écrit sur une consigne des impromptus - thème: anniversaire avec les mots suivants coccinelle bougies tempête et bottes...)

« Les restes sont solides et plutôt conséquents »
...  avait elle pensé en mirant les reliefs d'un goûter abandonné sur son chemin de promenade.

L'hiver avait été des plus rudes, disait-on. Tempêtes et vents violents, chacun en avait plein les bottes. La belle de printemps se réjouissait à l'idée  d'inviter pour un petit gueuleton ceux qui avait vécu la saison dernière.

La fourmi, quoiqu'on dise, aimait à partager. Elle se trouva fort émue quand l'occasion fût venue de fêter son premier été, qui serait aussi le dernier. 


Au vent bourdonnant, elle a laissé le soin de porter le message  à la communauté :

 « La fête d'anniversaire que jamais je n'aurai (ma vie en jours étant comptée), aura lieu ce soir même. Vous êtes tous invités.  Bourdons, guêpes et papillons peuvent venir  disait-elle. 
Punaises et gendarmes  feront la discipline pour ne pas alerter quelques oiseaux alentours. Mouches et limaçons  assureront les rondes, et ainsi nous danserons jusqu'à n'en plus pouvoir. 

De bougies, il n'y aura pas mais pour celui qui voudra, nous tiendrons la chandelle.  La saison des amours ne dure que quelques  jours qu'il ne faut pas bouder...le temps nous est compté. »

La fête a battu son plein jusque tôt le matin.


Quand la rosée fût venue, plus de miette sur la place, seuls quelques escargots retardataires traçaient consciencieusement en ligne droite leur long filet de bave luisante pour nettoyer le sol des reliefs de la fête.


Et palabrant sur une feuille, notre belle de printemps devisait avec sœur coccinelle sur le bonheur d'avoir  su voler à son propre destin, une occasion de plus pour pouvoir s'amuser et partager la joie sans craindre pour demain.  

 

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