Balade sylvestre

Publié le par mapie

L’humus détrempé par l’orage de Mai feutre mes pas. Encore non essorées, les branches pèsent sous les gouttes, se referment sur moi et  forment l’écrin sauvage du chemin.
Je suis de cette nature, les arbres me l’ont dit.
Leurs bourgeons d’un vert tendre participent à la plénitude  que je viens chercher ici.

Sous le rayon timide de fin de journée, un parterre naturel s’est improvisé et du muguet m’accueille comme une amie. Il m’offre quelques brins dont je fais un bouquet avec la gratitude de celle qui n’attendait rien.

Je touche l’écorce des arbres que je croise, je suis à deux doigts de leur dire deux mots. Mais, ils m’impressionnent. Imaginez seulement qu’ils me répondent... alors muette, je guette les écureuils qui jouent. Si la vie me quitte en douceur, je sais où venir puiser encore un peu de force pour lutter. Il y a dans cette nature, la sève dont se nourrissent les sages.

Je n’irai pas câliner un grand chêne, ni même embrasser un pissenlit.. non je ne suis pas assez démonstrative pour cela , mais je ramasserai des pommes de pain et des glands, je caresserai les feuilles et j’humerai les senteurs, je prendrai des photos, contemplerai les couleurs, aiguiserai mes sens pour ancrer mes racines.

Car je suis de cette nature. Les arbres me l’ont dit.

 

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