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Copine et ses épouvantails

Publié le par mapie

 

Copine n’attend rien de plus des autres, que de vivre comme eux. 
Des gens qui vivent en groupe, qui s’invitent et rigolent et se confient la vie...

Elle voudrait  tellement fort se fondre dans leur clan, qu’elle en devient  gênante car trop accaparante et souvent décalée ...

Les relations sociales devraient être naturelles quand on est une enfant. Mais aussi étonnant que ce soit, Copine n’est plus seulement une enfant, elle a 13 ans. Et à cet âge là, le « naturel » n’est déjà plus dans le relationnel. 
Pourtant, Copine ferait tout pour y arriver:  rire d’elle-même,rire des autres, répondre à  des paris idiots et pardonner sans cesse les coups bas.

Copine est affectée par un TDHA, ce trouble  méconnu et pourtant bien banal qui ne la différencie  qu’à l’inadéquation de ses comportements impulsifs parfois, régressifs aussi et hypersensibles souvent. 

Certes au collège, Copine a des difficultés d’apprentissage. Mais après tout qu’importe, du moment qu’elle a des amis... non? 
Oui... sauf que, tout comme l’amour, l’amitié bien vécue induit la  réciprocité. Copine aimerait tellement, elle aussi, avoir au moins une bonne amie, mais rien n’y fait...

Copine est désarmée.  


Pour attirer la confiance, il faut qu’elle se face confiance. Qu’elle apprenne à s’aimer sans complaisance  certes, mais avec l’indulgence et le respect qu’elle mérite.
Or Copine ne s’aime qu’à travers les autres, ces autres qui ne lui rendent que des moqueries ou de l’inintérêt. 
Elle se sent meurtrie et en colère. Quoi de plus normal?

A la maison, le malaise de Copine a envahi toutes les pièces de la cave au grenier. Copine est épuisante physiquement, moralement et surtout affectivement. Une impression de gachis dévaste les moments de vie.

Sa famille est aimante et copine est chanceuse, elle le sait. Ici aussi, elle voudrait être acceptée, ne pas se sentir rabaissée, dévaluée en regardant la fratrie grandir un peu plus vite qu’elle-même parfois à ses côtés. Elle se sait difficile. On le lui dit souvent. Elle crie, s’énerve et se rebelle parfois jusqu’à la tyrannie.
Ses frères et soeurs se plaignent, ont honte ou moralisent, même les plus jeunes s’octroyent des aires condescendants.  
Compliqué,sous les cris et dans l’adversité, d’entendre l’appel à l’aide d’une soeur ou d’un enfant...


Copine n’est plus chez elle qu’à travers les écrans, là où elle se croit libre d’échapper au jugement.

Les docs, les psy, les aides de toutes parts tentent de l’accompagner pour grandir sereinement.

Et donc... c’est quoi l’histoire?

L’histoire, c’est que, pour que Copine aille bien il faut que ses proches à commencer par elle-même, apprivoisent  qui elle est.
La normalité est un terme galvaudé.
Copine est normale comme vous et moi.
Copine est d’une sensibilité exacerbée. Elle a besoin de gens intelligents autour d’elle. 

Intelligents?

Intelligents , oui, et surtout intelligents émotionnellement parlant. 
Mais nous avons confiance car cette intelligence émotionnelle se cultive!
Copine plante des graines depuis des années et récoltera d’ici peu ce qu’elle a semé.

C’est une question de temps, de patience et de maturité. 

Il faut juste éviter que des blessures ne viennent dévaster ses semis.

En cela, c’est vrai, Copine donne à ses proches beaucoup  de travail. 
Ils sont en quelque sorte ses épouvantails 😉

 

 

 


 

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Heureuses victimes du confinement

Publié le par mapie

En pliant caleçons,chaussettes et autres serviettes de toilette ce matin, tandis qu’un rayon de soleil printanier baignait mon sol carrelé  re décoré  de traces de semelles taille 47 et de miettes de cookies fondus, je me disais que... finalement la terre pouvait bien tousser, le quotidien demeurait le même pour qui abritait des ados à la maison.


C’est simple et efficace un ado.

Il  vous rappelle quand le frigo est vide...

Il entretient la pile de linge « à laver » (Son choc de simplification résidant dans le fait de cumuler dans le même panier aussi bien le linge sale que celui à ranger...  ce qui n’exclue pas de retrouver dans le linge à repasser une chaussette sale, histoire de brouiller les pistes...)

Vous aurez beau zapper sur toutes les chaînes qui vous rappellent le marasme de l’actualité , le nombre de malades ou bien de vaccinés.  Aucune ne saura vous donner le nombre exact de repas critiqués, de pots de yaourts délaissés avec  la cuillère sur le bord d’un bureau ou d’un canapé ou bien encore de draps  de bain humides, abandonnés en boule dans un coin, derrière  la porte... 

Pourquoi ? Parce que cela n’est pas intéressant. C’est juste du quotidien filant, passant,  inéluctablement.
Il n’empêche que les femmes qui ont eu leurs enfants dans les années 2000, celles qui n’ont pas vécu le bac ou pas vraiment, pas vécu les concours ou pas totalement, pas vécu les soirées trop arrosées miraculeusement ,  et bien ces femmes sont les heureuses victimes collatérales du confinement.

 

Dans quelques années, lorsque leurs enfants auront à faire face à des bébés tyranniques au sommeil capricieux, certaines   déclareront avec moquerie avoir survécu, non seulement à une pandémie, mais au confinement avec .... tenez vous bien..... leurs ado- les-cents.  Avouez que ce sera marrant! 

En attendant, le monde tousse sévèrement- Mais reconnaissons qu’en restant les mêmes,  nos jeunes ont ce talent de nous permettre de continuer la marche avec allant, dans notre quotidien passant, filant, inéluctablement.

 


 

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Nourrir et chérir nos souvenirs

Publié le par mapie

Les photos sont figées, mais pas les souvenirs.

 

 

 

L’éclat de  rire, la dispute sans importance, le regard appuyé, la main posée sur l’épaule...

La discussion sérieuse,  la petite phrase touchante, le repas partagé, les moments imparfaits ... 

Tous ces instants  gravés seraient très anodins, s’ils n’étaient le trésor des souvenirs passés.

A présent que tu poursuis ton chemin dans cet ailleurs, à l’abri du regard des vivants, il nous faut nourrir et puis chérir ces souvenirs.
Solidement entremêlés, parfois tronqués ou embellis, ils forment cette étoffe solide qui réchauffe notre coeur, un peu...

Et moi, il me plait à penser que si de cette étoffe , je tire le fil de nos  souvenirs communs  , juste un peu, parfois, là, comme ça... alors , je peux t’apercevoir  nous faire un signe. 

Et ça , c’est si bon.

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Il n’y a pas photo

Publié le par mapie


 

Il faisait beau et frais et j’ai pris la photo.

Rien d’extraordinaire- et pourtant cette impression ténue que ce qui’il m’est tenu de regarder, mérite d’être apprécié beaucoup plus qu’il ne l’est.

Cet arbre colonisé par le gui est si beau.

Il nourrit les oiseaux et nous prête à penser que seule l’imperfection permet le lâcher prise, et qu’en soit, c’est un don de savoir accepter d’être parasité. Nul schéma n’est parfait.

Car il n’y a pas photo, si les  baies blanches nacrées ont altéré cet arbre, il domine les autres, et dresse ses pompons avec l’élégance de ceux qui participent à la diversité.

je sais ça fait cliché... mais... j’ai pris la photo et elle voulait parler.


 

 

 

 

 

 

 


 

Publié dans juste pour les mots

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Burn out contre black out

Publié le par mapie

 

 

 

Lorsque le soleil brille et que la douceur du printemps promet de belles journées, tout est possible ou plutôt rien n’est impossible à celui qui aime d’amitié.

Des week-ends en terrasse, on en a colligé avec ou sans alcool, avec ou sans maris, avec ou sans enfants, avec ou sans amis, mais toujours avec.... elle et moi réunies.

Nous pleurions de rires et de peine, partagions quelques rêves, évoquions notre enfance. Nous convoquions nos démons et leur cassions la gueule à deux, car à deux, tout est plus facile.

Parfois lorsque l’une d’entre  nous tombait dans un abîme, l’autre l’accompagnait ou la hissait sur ses épaules, le temps de... C’était si naturel que cela ne coûtait qu’un peu de nous même. Donner de soi-même, n’est ce pas  le sens même du partage?

 

L’amitié est un lien extraordinairement puissant. Il défie le temps et la distance... et puis, et puis un jour.. non, un instant, non, non plus... un « espace temps indéfini » le glissement se produit.

 

Et le chaos s’engouffre. Black out.

 

 

 

Elle me parle de disputes, puis de séparation... de pleurs, de cris, de trahisons... Cela fait vingt ans et quatre enfants qu’ils sont ensemble... De quoi se penser hors d’atteinte...

- Tu le sais toi, tu le sais qu’on a traversé des crises et que celle-ci n’est pas pire que les autres! 
Je suis fatigante et j’ai mon caractère, mais il l’a aimé ce caractère trempé , ce n’est pas comme si mon désordre et mon franc-parler dataient d’hier!

 

Alors qu’elle fouille nerveusement dans mon frigo pour y dénicher une bouteille de blanc entamée, je l’observe, muette, depuis le canapé du salon.

Elle est comme ça Ines, chez elle dans mon frigo comme dans ma vie, et j’aime ça.

 

Au fond d’elle-même,  je sais qu’elle se dit que les choses vont rentrer dans l’ordre, car après tout je suis là, moi... Je vais lui rappeler que la douceur du printemps promet de belles journées...

 

D’ailleurs,c’est ce que j’aurais fait, si seulement j’avais pu.

 

Si seulement le glissement-ce faux plat insidieux- ne s’était imposé dans ma vie  impunément . Depuis quelques temps, petites déconvenues, tristesses accumulées, rêves inachevés, frustrations récurrentes, que sais-je encore, se sont imposées jusqu’à annihiler toute ma vitalité. Sans m’en apercevoir , je m’étais vidée, fragilisée de l’intérieur. 

 

A l’extérieur, mon Ines, elle, était en plein chaos.

Qu’attend t’on de sa meilleure amie quand on est dans le chaos? De la compassion, de l’aide, de l’accompagnement, de l’écoute, du temps, de la présence... beaucoup... oui, on attend beaucoup... J’aurais donné tout cela si seulement j’avais pu.


Je tente fébrilement  un

- mais il a emporté toutes ses affaires?

Suivi platement d’un

- parce que si ce n’est pas le cas, il reviendra.. c’est sûr... d’ailleurs c’est sûr, il reviendra...

 

Depuis toujours, Ines et moi partageons nos déconvenues, mais aussi nos bonheurs. Sa faculté à voir du cocasse dans chaque situation la rend inégalable, imprévisible et attachante comme personne. Là où certaines pourraient être pesantes ou intrusives, elle, sait être drôle, décalée et surtout attentionnée . Mais pas là, car sa peine est immense, et sa colère aussi. 

 

Et malgré cela, je suis inapte à l’aider. Je pèse une tonne. Comment pourrais-je y ajouter le poids d’une telle amitié ? Pire encore, pour la première fois, un écran invisible semble nous séparer. J’ai honteusement déployé, je crois, une «cape d’immunité ». Je ne sais plus l’écouter. Les ondes sont brouillées.  Je suis sur « batterie faible »... mes voyants sont au rouge.

Que suis-je donc devenue? Incapable de donner de moi même au moment nécessaire.  Inapte à l’empathie pour ma meilleure amie.
Je ne suis pas désarmée. Je sais qu’il y a en moi le nécessaire pour l’aider à passer ce cap si compliqué. Je n’ai juste plus la force, je suis vidée, épuisée, impuissante à user de mes armes. Il me semble que les utiliser pour l’aider, reviendrait à en user contre moi-même.

Est-il possible de se faire mal à faire du bien?

 

- C’est un coup de fatigue me dit-on.

 

Quelle est donc cette fatigue que l’on ne peut surmonter au nom de l’amitié?

 

- Une baisse de moral, un véritable épuisement, l’effet d’un surmenage... Burn-out.

 


 

 

 

Sous ma cape d’immunité, une colère sourde grandit et me dévaste plus sûrement qu’un feu de Saint Jean, il crépite les adjectifs : égoïste, incapable, inutile et faible ...

Tandis que mon corps et mon esprit sont en pilote automatique, mon coeur, lui, fait route à part. Il pleure.

 

Burn out face à black out...

 

L’amitié est un lien extraordinairement puissant. Elle, ne m’en voudra pas... Nous panserons nos plaies, en terrasse, sous le timide soleil prometteur du printemps.

 

 

 

 

 

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La grande volière

Publié le par mapie

En ouvrant les yeux ce matin, sur l’écran trop lumineux de la journée qui commence, un oiseau m’attendait. Rouge-gorge, sorti du nid, il chantait malgré tout, et ses ailes cherchaient à trouver plus d’espace pour pouvoir mieux voler.

_

Vivre moins lourd de sa chape de secret, n’est pas vivre léger.
« Faire mal » pour ne plus « se faire du mal » n’est pas un choix en soi, juste une nécessité.

Si de son bec l’oiseau a rayé  un peu le vernis de nos certitudes ou de nos confortables acquis, du polish et du temps sauront bien faire l’affaire.
Et quoi... La patine n’en sera que plus belle.

Et pour ceux qui n’ont pas le temps?
Bien souvent, ils sont sages... et savent que « quelques éraflures  sur la carrosserie » n’est rien, comparé au confort de vivre bien.

La différence et les incertitudes sont déstabilisantes. Elles ne sont pas pour autant menacantes de danger. 

_

Déploie tes ailes l’oiseau, il y a de la place pour chacun dans cette grande volière, que l’on appelle terre.

 

 

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Le cerf et le veneur

Publié le par mapie


- Arrêtez donc cette bête! Il pourrait m’embrocher! Le veneur prit la fuite devant le cervidé. 
 

Les yeux plissés  sous l’effort et le visage strié par le fouet mordant des rameaux de sureaux  mélés de ronces, l’homme sautait dans les bois. Il était aux abois.

Sa tenue d’apparat, taillée sur mesure  et qui lui conférait l’élégance de l’uniforme à défaut  de l’élégance du coeur, venait à se teinter de terre et de verdure. Enfin, l’homme se fondait un peu dans la nature.

Des cerfs, des sangliers et autres lièvres le talonnaient . Une partie de la meute des chiens s’était jointe à la troupe. Infatigables, ils aboyaient et orientaient la course du chasseur traqué pour ne plus lui laisser de choix.
Il finirait acculé contre un arbre, entouré par les bêtes. Le stress , la terreur, et l’immense fatigue auraient raison de lui... 

Ils les imaginaient déjà, cruelles créatures , trinquant dans la clairière autour de sa dépouille... heureuses d’avoir coursé jusqu’à la fin un veneur pour le fun...

Il était bel et bien bête et se comportait comme un sauvage. Aussi commençait-il, à comprendre à quel art les animaux qui le coursaient se prêtaient eux aussi.

La vénerie ne met-elle pas en jeu les prédateurs face à une proie somme toute, suffisamment rusée, pour pouvoir parfois tout de même en réchapper?

 

Alors que la forêt  laissait place à la ville, il traversa la route et pris d’un fol espoir pénétra dans la gare... les cerfs et les lapins approchèrent  de lui, les sangliers méfiants patientaient dans les bois.


Abattu et prostré, le regard suppliant, le veneur  observa alors ses assaillants...

C’est  ici, sous les yeux des passagers hagards , et puis bien entendu du contrôleur de gare, que le cerf baissa les bois très doucement.

A la ramure  du cervidé, un trousseau argenté suspendu l’attendait.
Il semblait vouloir dire : « tête de gland, tu as perdu tes clés ».

L’homme les reconnu, les attrapa, se leva, tapa sa redingote et traversa la voie.
C’est l’air fier et altier qu’il se mit donc à déclamer: 

« Le plus naturellement qu’il soit, le chasseur chasse sa proie... la vénerie est noble , on ne chasse que du sauvage... au risque de malmener, il est vrai, parfois notre équipage ... mais tout est dans la beauté de l’acte... voyez comme sont ces bêtes... bons joueurs jusqu’au bout! Nous restons bons amis, la preuve en est... cet animal m’a gracié! »

Si l’animal est parfois sauvage, l’homme lui, peut être bête et souvent même capable des pires sauvageries.

 

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Est ce que ce monde est sérieux?

Publié le par mapie

La circulation est fluide, tant pour le covid que pour les voitures. Je traverse la place de la République dans la froideur hivernale, les sens en éveil et les orteils gelées.

Mes impressions cohabitent, s’entrechoquent, et se noient dans un flot de questions assourdissantes. Une révolte passive implose dans ma tête pour laisser place à l'alternance de flashs d'incompréhension, de gratitude, d'amusement, d'agacement...

Formuler l’incompréhensible...ou l’indicible, chercher à y trouver du sens en jouant avec l’ordre des mots.... telle est la quête du jour.

 

Empruntant le trottoir comme tous les autres gens, je l'aperçois, calé derrière sa "couverture-porte".  Calfeutré entre l'entrée d’une brasserie condamnée par la pandémie et un rideau de "survie" jaune d'or,  l’homme s’est constitué un "chez lui", avec une vue imprenable sur l'agitation de la place... 
Seul dans son une pièce-terrasse de 80cm2, il regarde une vidéo sur une tablette reliée à un smartphone.

Je le vois. Je l'observe, un peu comme un passant regarderait dans le salon illuminé d'une maison à la nuit tombée. Je pourrais presque l'envier tant il ne semble pas souffrir du froid, lui...

- Comment peut-on dire une chose pareille? Cet homme est à la rue!

- C'est bien la raison pour laquelle je ne le dis pas. Je l'écris... voilà tout.

Une interrogation me traverse et retraverse l'esprit. Comment un homme sans domicile, peut-il concilier une vie dans la rue et le top de la téléphonie et des objets connectés?  Est ce que Darty déstocke en ce début d'année?

Je sais que je ferais mieux de me demander pourquoi cet homme se retrouve seul sur le trottoir et dans le froid... Mais quoi? Suis-je la seule à trouver étrange cet état de fait?  

Acheter un téléphone est moins cher que de louer un logement mais tout de même... On n'obtient pas un téléphone ou une tablette  à se caler derrière l'oreille comme on réclame une clope au passant...

Toutes ces questions sont sans doute incorrectes, et malvenues... Mais, dans quel monde vit-on? Un monde où les réseaux sociaux et les vidéos sont plus utiles à la survie que la chaleur d'un foyer?

Cet homme va t'il retourner ce soir dans un lieu sordide pour dormir, ou va t'il rester là, avec son téléphone pour seule compagnie...

Je suis passée. Je ne pouvais tout de même pas m’immiscer dans son intimité même si celle-ci  commence sur une marche d’escalier.  Je ne fais pas une découverte. Je sais que la misère est dans la rue... mais j'avoue, que la misère ne m'a jamais semblée aussi... cruellement moderne qu'à ce jour.

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Un peu plus loin, dans une ruelle pentue, alors que je suis de nouveau au chaud dans ma voiture, un vieux monsieur barbu, un peu hirsute, tire un cabas à roulettes. Démarche lente et fatiguée, solitude apparente. Le soleil de midi éclaire la rue droit au dessus de nos têtes. Il fait toujours aussi froid. Il s'arrête, dresse sa face vers les rayons du soleil et sourit.

Seul au monde, il profite quelques instants. S'il savait le ravissement qu'il me procure à moi, qui le regarde depuis le siège accompagnateur...Un pur délice. Une flocon de douceur .

Ne rien gâcher. Juste apprécier l'instant. Cet homme en s'arrêtant a arrêté le temps, et je me prends à apprécier aussi la douceur caressante des rayons sur son visage ridé.

Le soleil est décidément un bien commun, qui contrairement au sol, ne peut être monopolisé. Chacun peut en profiter, si tant est qu'il le sache. Assurément cet homme lui, le sait.

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Sur les quais de Jemmapes où l'on aime à se promener, un homme étend son linge: un  polaire terne et de couleur improbable. Sa tente Quechua est ouverte.. Croyez vous qu'il aère???  

Il est en pull et ne semble pas avoir froid... suis je donc la seule dans Paris à souffrir de l'hiver?

Je souris bêtement face à l'ironie des choses.

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Sur le boulevard, un père et ses trois enfants prennent l'air et s'agitent et s'ébrouent. Des gens comme vous et moi, ou peut être juste comme moi... sauf que... sauf qu'eux, rien ne les étonnent plus.

 

C'est juste comme cela n'est ce pas... juste comme cela... un seul monde... un monde pour tous, mais habité différemment...  et une seule vraie question : 

Est ce que ce monde est sérieux?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Inutile d’effacer 2020

Publié le par mapie


 

Sans vouloir me précipiter dans le défaitisme, si tout se joue dans les 365 premiers jours... il y a fort à parier que cette année 2020 ne sera pas embauchée pour figurer dans le palmarès de nos plus belles années!

Inutile néanmoins d’essayer d’effacer le passé... certaines années sont plus... pourries que d’autres😢, voilà tout...

A tous ceux que nous n’avons pas assez vus cette année  
Sortez de votre terrier, l’hiver a trop duré! ( enfin avant...faites vous vacciner..)

A tous ceux qui nous ont quittés, votre non-présence n’induit pas votre absence.

Vous êtes dans nos coeurs et au coeur de nos vies aujourd’hui et demain, et pour cela je voudrais vous remercier, car on est moins seul sur le chemin.

 Chaque année vaut d’être vécue, et si 2020 fût plutôt  moisie, elle n’en demeure pas moins l’année qui nous permettra de vivre 2021. Alors je ne sais pas pour vous , mais moi, ça me laisse entrevoir une jolie lueur d’espoir!

(et puis... N’est ce pas l’année qui nous aura permis d’éradiquer un virus blond à grosse mèche et ses nombreux tweets? Tout de même !!! Ça compte ça!!!)

 

Donc essayons de ne pas trop la condamner cette fichue année, et appuyons nous sur elle pour entamer la nouvelle avec sagesse, responsabilité, et surtout bonne humeur et envie!

Belle année 2021 à tous!

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Un puzzle pour Noël

Publié le par mapie

J’aime les puzzles.
Pas ceux en 3D , non, les puzzles classiques , bien à plat dont on cherche les bords en premier.

Ceux qui prennent des heures, des jours, des nuits... Ceux que l’on débute sur le sol ou sur un coin de table et autour desquels  l’un ou l’autre,  nous rejoint  pour  papoter ou « forcer » deux ou trois pièces  ressemblantes à l’idée qu’il se fait du modèle.


« Mes souvenirs de Noël » est le plus complexe de ces puzzles.

 

Toutes ces pièces détachées aux contours approximatifs sont si proches d’une année sur l’autre qu’il parait incroyable qu’elles ne s’emboitent pas plus facilement  entre elles ...  mais les nuances , les tons, les intentions ont évolué et l’enthousiasme aussi... seule persiste cette nostalgie et la profondeur des sentiments qui ressurgissent à la simple évocation  de la période.

 

Plus de souvenirs, plus de personnages, plus d’absences, plus de reliefs et d’aspérités.. des changements  de lieux, des changements de temps, des changements d’époques... et toujours ce lien, qui même à distance des siens, fait que nous restons proches.

Un concentré de vie en quelque sorte.

 

 

Ce qui fait la complexité d’un puzzle, ce n’est pas la forme de ses pièces, mais la multitude des détails.

Si je devais représenter un seul Noël, je saurais  disposer les souvenirs en ordre et les canapés et autres verrines  sur le piano à queue. Je saurais laisser papa à l’abri de l’effervescence dans son bureau jusqu’à l’heure fatidique et décrire maman sans doute fatiguée de  l’enthousiasme débordant de ses six enfants et des repas multiples à gérer. Mais il ne s’agirait alors que d’un souvenir, certes beau et doux mais trop simple à recomposer.

 

Le puzzle de mes Noëls est bien plus intéressant  et bien plus compliqué.

D’autant que Noël,  si l’on remonte à loin, débute en automne, lorsque les premiers catalogues de jouets arrivent dans les boites aux lettres et que l’activité des papillons blanc bat son plein.

Il débute à l’heure du film, lorsque les parents sont dans le salon et que deux de mes frères et moi sommes  déjà en pyjama, au coeur d’une société  secrète : «le club des trois sapins »

 

Un seul objectif:

Réfléchir à réinventer chaque année le réveillon que nous savons ne pas vouloir être différent.

 

Ecrire le menu, décorer la maison, fabriquer les guirlandes en tressant du crépon et découper de longues bandes de papier colorié au feutres  et agrafées en cercles mêlés, pendant de nombreuses soirées.

Avec le recul et la morosité de nos yeux d’adulte, l’esthetisme n’était pas forcement à la fête, mais qu’importe.

 

Confectionner des cadeaux de nos mains: poupées en laines et pompons, napperons de papier, dessins, vitraux, bougies et autres modelages (merci Mako!) était un travail à plein temps.

Nous achetions ensembles de grands paquets de bonbons, nos trésors, que nous répartissions  dans des cornets fabriqués  avec les pages de vieux catalogues de papier peint...

 

Et puis, le jour arriverait où le  top serait donné,  puisque mamie aurait envoyé  les truffes au chocolats qu’elle avait faites tout spécialement pour notre frère kiki.

 

La date s’approche... rédiger le menu et l’afficher dans l’entrée,  et le jour même, faire le plateau de  fruits secs sélectionnés par papa sur la place du marché, descendre la sono et cirer ses chaussures, mettre la table et passer de nombreuses heures dans la cuisine à faire des canapés et autres verrines,  préparer le feu... ouvrir les huitres et inonder le sol d’eau salée... se faire belle... préparer le cocktail pour le retour de la messe, le goûter.... le regoûter.... le re re goûter ....  Tout le monde arrive un peu trop en avance, ou un peu trop en retard....  l’un réclame en urgence du materiel d’emballage pour ses cadeaux achetés à la hâte, l’autre prévient qu’il est encore dans les embouteillages...

 

Vous savez quoi?
Peu importe, le sapin clignote dans l’entrée et la musique d’ambiance témoigne du fait que tout est sous contrôle ...

 

Le buffet autour du piano, puis les huitres autour de la table, le foie gras, les rires, et le vin... le bonheur de se voir, de se chambrer, entre frères et soeurs, de se raconter et plus tard de raconter aux nouveaux venus qui devront surnager dans une telle animation. 

 

Le sapin est ceint d’une  multitude de cadeaux de toutes formes, parsemés de papillotes et de boites de chocolats.

Bientôt ce sera l’heure...

Elle, sur la quatrième marche pour surplomber, et lui qui n’ouvrera ses cadeaux qu’en dernier pour mieux profiter... Le bruit des ha, des  ouh... et un jour, ai-je révé?…cette boite de conserve que maman a dû ouvrir pour découvrir un bijou! J’étais ébahie devant cette idée si.. merveilleusement décalée.

 

Pas de père noel chez nous.. juste une famille qui se gate et se gâche parfois... ce qui rend certains moments  plus..

prégnants.
 

Quand la famille s’agrandit , un nouveau sentiment d’inconfort s’invite à la table. Le bonheur d’élargir la famille se mêle à  la peur de risquer d’en perturber l’alchimie .

 

Qui d’autre que nous peut s’adapter à ce mélange de stress, de bonheur, d’énervement, de fatigue et de joie? Il faut être tombé dans la marmite petit... 

 

Etrangement, les choses changent, d’un Noël  sur l’autre, et malgré tout, restent iimmuables. L’impossible gestion du temps, du nombre, des âges... n’est finalement que l’équation insoluble de la vie qui passe...

Nous avons des beaux frères et belles soeurs, des enfants, des neveux, et le plus beau cadeau que nous pouvons leur faire est de tomber dans la « marmite »à leur tour.

 

On dit souvent que les cadeaux sont un détail... que Noël ne se résume pas à cela, et c’est une certitude. Mais les préparer est un souvenir merveilleux, et savoir les recevoir est, à mes yeux, quelque chose qui rend heureux..

Qu’elle était belle ma poupée qui fait pipi toute seule, et plus tard ma poupée Lucile ( prénom  de ma future fille) , ma  paire de pointes d’athlétisme , mes jouets, mon spyrographe, mon chemisier brodé... une collection limitée...

 

Qu’il est formidable mon puzzle «  mes souvenirs de Noël »!

 

Nous avons simplifié les organisations, nous ne sommes plus aussi nombreux lors de nos réveillons, mais nous sommes riches de nuances, de teintes, et d’émotions et traçons les contours des pièces à chaque nouveau Noël.

Nous avons perdu des êtres très chers, qui restent bien présents. ( je pense évidemment tout particulièrement à celui qui continue là où il est à nous regarder déballer les cadeaux en premier... juste pour profiter...)

 

J’ai toujours pensé que nous avions une chance extraordinaire d’être nombreux. Une chance extraordinaire d’être si gaté. Une chance extraordinaire d’avoir un tel puzzle en héritage.

 

« Mes souvenirs de Noël » est un puzzle inestimable .

 

Impossible de perdre des pièces. ..Joyeux Noël !

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