En installant son avenir là....à l'endroit même où il avait laissé ce passé noir, sali, entaché, jugé et soi-disant « payé ». Il s'apprêtait à vivre, exposé au jugement de ceux qui savaient... ce qu'il avait été.
En installant son avenir là, comme on installerait son transat dans un endroit doux et abrité, il s'apprêtait à creuser un peu plus profond le sillon d'une douleur qui de lui irradiait.
Comment ces gens pourraient-ils puiser la force de chercher à voir ce qu'il était devenu, au regard de ce qu'il fût ?
En installant son devenir à deux pas de ceux qu'il avait brisés, cherchait-il à se racheter une conduite, une identité ? Celle-là même que jamais plus, on ne lui donnerait...
Ici bas, il ne pourrait survivre que de son avenir, mais surtout pas de son passé...
Et encore...
Comment ces gens pourraient-il lui laisser un devenir...là ...où lui-même avait fracassé le-leur ?
En commettant le pire, il avait condamné. Et quoiqu'il en ferait, sa vie ne saurait racheter celle qu'il avait volée.
Il était évident qu'il ne serait vivant que là où personne ne saurait de sa vie : le passé, les erreurs, les méfaits...
N'empêche....
En installant son avenir là... à quelques mètres de nous, qui ne craignons pas ce qu'il est. Il s'apprête à vivre comme si de rien n'était... exposant ses voisins à côtoyer le pire : un homme, un meurtrier qui bien qu'ayant « payé » pourrait bien s'endetter.... à nouveau...
Comment pourrions-nous laisser en toute confiance près de lui ...nos enfants ?

