Partager l'article ! Une panne d'ascenseur...: Texte écrit selon la consigne des impromptus de la semaine: "...à vous de nous décrire cette se ...
Texte écrit selon la consigne des impromptus de la semaine: "...à vous de nous décrire cette semaine des choses nouées..."
J’ai noué mes lacets, dénoué sa cravate, embrassé mon pater et filé au lycée.
J’l’ai laissé seul c’est vrai, en même temps, que faire d’autre. J’suis encore qu’un enfant, un ado, comme les autres.
Mon cœur est oppressé. Il marque des arrêts, un peu comme l’ascenseur dans la cage d’escalier. J’habite au 9eme côté cour. Imaginez …
En bas, c’est le square voltaire. Avant, j’pouvais y jouer des heures entières sans me soucier de rien. Maintenant, c’est différent. Les choses changent. Maman disait ça, bien mieux que moi.
Elle disait : « -C’est bien que les choses changent, ça bouge, on s’ennuie pas… te fais pas de bile pour ça… t’es encore tout jeune, les nœuds au cerveau, ce n’est pas encore pour toi ! »
Elle avait raison. Elle avait toujours raison.
N’empêche que le sac de nœuds, c’est bien elle qui l’a déposé à la porte avant de tout plaquer pour le mec du 3ème (côté rue) !
Avant, c’était elle qui dénouait la cravate de mon père au rentrée de l’usine. C’était elle qui réchauffait le café, allumait la radio et partait travailler après avoir volé aux deux hommes de sa vie un si tendre baiser. C’était elle. C’était elle qui entremêlaient les fils de nos vies et tissait une étoffe qui aurait dû résister à tout.
Maintenant, c’est elle qui noue chaque jour un peu plus serrée la cravate de mon père. C’est elle qui oppresse mon cœur, et provoquera un jour une panne d’ascenseur.