Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 15:17
       Elle est où, là ? Tu la vois ?...Elle est où ? Tu la vois ?...J'la vois pas...Attends,    
     Attends...Si...Là !

      FLASH......
      Trop tard...C'est flou... OOOH... C'est parce qu'elle bouge trop !

La petite est là...sur la scène... déguisée en indienne, dansant avec des cow-boys de 4 ans, revolver, bottes, éperons ....tout ce qu'il y a de plus charmant....
Les familles au complet sont venues assister au tout premier spectacle, celui de fin d'année. Les appareils sont « accordés », tous orientés du même coté ... en quête d'un trésor, souvent surestimé : le souvenir « papier »...

        Il est au fond...regarde !... Au fond...Attends, il va avancer...ça y est...je l'ai...
        FLASH.......
        OOH, j' l'ai loupé... Dis moi quand il repasse devant... parce que...
        j'le vois pas arriver, moi...

Son œil rivé sur le cadran d'un  numérique sophistiqué, il « zoome » sur son enfant, tout en pensant « mat ou bien brillant »...
Il n'est pas genre à consommer sur place ...Il préfère plutôt emporter....Il y a du monde...Il fait trop chaud.... une mauvaise sono....et du boulot qui l'attend au bureau....

Il se voit bien mieux profiter de ses enfants sur fond de silence dans son salon, sur l'écran de sa télévision, dans une salle calme et aérée...car, là, tout de suite ...il n'est pas prêt.

 

        Mais elle est où ??? J'l'ai encore perdue...C'est bien sa classe là ?! ...
        FLASH...
        Cette fois, ça y est... Je l'ai eu ...regarde...

Satisfait à l'idée des souvenirs collectés, il fait défiler ses photos et en oublie de regarder les bambins sur l'estrade qui dégagent un halo de fraicheur mêlée de fierté et de bonheur. Aucun flash ne saurait figer... une telle intensité dans tant de légèreté....

La petite danse sur la scène, les mains sur les cotés, ses bonnes joues rebondies prouvent combien elle sourit... Ses gestes mal assurés sur la chorégraphie baigne sa maman d'orgueil et de reconnaissance envers le monde entier, pendant que son mari, sur son écran rivé, règle un problème sans doute de luminosité...

A quoi bon rechercher, dans des tas de photos, l'esthétisme figé d'un cadrage étudié? A viser à travers....à mitrailler sans cesse, plutôt qu'à profiter....les souvenirs sont faussés...
D'une danse... d'un sourire.... d'un pas hésitant, il ne retiendra rien ...


Certains penseront que ses clichés témoigneront qu'il y était...  D'autres, à les regarder, sauront que... s'il y était...  Il n'y était pas... assez.

Ses clichés sont mauvais.

Par mapie - Publié dans : Ces magiques instants...
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 20:53

Tu portes la peine que l'on te tend...
Tu la portes au fond de ton âme. Tu sais que sans doute, l'autre ne t'en demande pas tant, mais sa  tristesse te remue les entrailles.

Que cherches-tu? A alléger sa peine en créant la tienne ?
Il ne s'agit pas de vases communicants...la peine de l'un n'atténue pas la peine de l'autre...
Tout comme l'Amour, la tristesse semble savoir se multiplier en autant de personnes prêtes à la partager.


Tu portes la peine que l'on te tend...
Tu sombres vite dans l'impuissance, dans le vertige et dans l'errance face à ton incapacité à gérer un tourment qui n'est définitivement pas le tien, et que la sagesse voudrait que tu tiennes assez loin.

Que peux-tu faire ?  Sa peine demeure... voire  même s'intensifie pour devenir douleur. Il s'agit là, sans doute, de l'un de ces combats qu'il devra livrer, seul et désarmé, malgré la sympathie dont il est entouré.


Tu portes la peine que l'on te tend...
Témoin aux larmes muettes, tu dépasses tes capacités... Tes épaules ne sont pas solides...pas assez larges pour tout porter.

As-tu veillé  à ne pas te tromper de tristesse?  Ne t'apprêtes-tu pas à pleurer ta propre impuissance à pouvoir aider celui que tu sais accablé ?
Ta compassion est bien réelle mais n'oublie pas... toutes les peines ne t'appartiennent pas.

 

Par mapie - Publié dans : L'éducation et ses travers...
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 18:22

texte écrit pour les "impromptus" - thème: "citer au moins 4 fromages".


Lui ( harassé, nerveux et dégouté  de ses deux heures de trajet )
- Marre de ce périph, marre de ces travaux à l'aube des grandes vacances, marre de cette civilisation qui n'y connaît rien aux petits bonheurs simples !


Elle (harassée, nerveuse, et dégoutée....mais là n'est pas le sujet !)
- Ah...OK... et pour les petits bonheurs simples ... tu as une idée ?


- J'sais pas moi.....tiens....élever des chèvres en Ardèche et vivre de leur fromage.... Cueillir leur laine et tricoter des pulls pour vaincre la froideur du soir....Construire son petit chez soi, loin de tous les autres....

 

- Euh...Y'a de l'idée.....mais, tu sais, les chèvres....elle ne le font pas le fromage.... Au mieux, elles produisent du lait ?!....Le fromage....c'est toi ....qui le ferais....


- Ouai Ouai...bon et après ?
Les chèvres, au moins, ne font pas des travaux en plein milieu de l'après midi sur les grands axes de la capitale !

- C'est vrai...tout comme elles ne pondent pas d'œufs ou...ne donnent pas de laine....sauf peut-être les « Angoras »! Mais là, on tombe dans une sophistication dépassant outrageusement la simplicité de ton bonheur...


- Ouai Ouai.... Je m'trompe ou tu cherches à me contrarier ?

- Non....simplement, j'pensais.....
Si c'est l'odeur de fromage et les instants de solitude qui te manquent......euh... Les chaussettes de ta petite dernière à la fin d'une journée d'école...juste avant de prendre le bain....valent bien un bon chavroux ...voire même parfois, plutôt un crottin...Et je n'te parle pas du Munster ou du Saint-Nectaire des Baskets de certains.....


- Ouaiiiiii....

-  Quant au moment de solitude... Il te suffit de tomber en panne sur le périph et de demander de l'aide....et tu verras...là....la solitude tu la trouveras, même en plein embouteillage !!!!


- OK.....c'est bon....j'ai compris..... des problèmes sur la route ma chérie ?

- On peut dire ça, comme ça......mais ne t'inquiète pas....j'n'irai pas en Ardèche pour autant !
En revanche, j'ouvrirai bien une bonne bouteille pour accompagner ton envie de fromage !

Par mapie - Publié dans : juste pour les mots
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 17:00

Il y a des gens si compliqués, qu'ils cherchent toujours le contre-pied...

Tu pèses tes mots, tu  te déroutes et finalement tu doutes, tu doutes...d'avoir dit ce que tu voulais...de peur de devoir les heurter.
Tu cherches tes repères, mais c'est une quête perdue...avec ces gens, tu n'es plus toi... juste qu'un pâle ersatz au profil trop bas.


C'est gens sont encombrés d'états d'âme à revendre...l'âme de ceux qu'ils ont côtoyés, phagocytés, éviscérés ou simplement usés avant de te trouver...toi...toi qui comme les précédents, écoute leurs plaintes répétitives, toi qui compatit , toi qui sympathise, toi qu'ils tyrannisent sans même que tu ne le saches....toi qu'ils finissent  par digérer et puis restituer ...à leur image.... plaintif et gémissant, prêt à quérir l'intérêt d'autrui à bas prix.


Ces gens « pesants » bousculent ton quotidien rien qu'en prononçant  « bonjour » le matin... pour peu qu'ils l'accompagne d'une poignée de main ...tu n'es plus rien ...presque plus rien...


Il y a des gens si compliqués, qu'ils rompent toute communication.
Tu les visites, c'est un effort. Tu les reçois, c'est un effort. Tu discutes, c'est un effort... Et le plus fort...c'est qu'alors, oui, alors....tu te demandes si tu ne deviens pas un peu trop « fermé», voire égoïste...à ne pas vouloir étudier toute leur complexité...


Mais ces gens là, ne sont complexes qu'en temps qu'Homme.... Le reste n'est pas « complexité »....non ils sont juste « compliqués »....et ça, tu vois, ça....ce n'est pas une valeur ajoutée..... ça suffit juste à tout gâcher.

Publié dans : Ces coups de sang
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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 16:54

Il cultive l'émotion plus que l'érudition, et s'intéresse à l'autre pour son être profond. Dans sa bibliothèque il y a tous les auteurs, mais il n'en a que faire, ce qu'il aime plus que tout...c'est la croisée des cœurs...
En affrontant  la différence, il se sent fort et plus complet. Ses rencontres ne sont que richesses qu'il s'applique à accumuler.


Il cultive le voyage, à travers les images que lui renvoient les livres et les documentaires. Sa passion est intense pour les endroits décrits. Traverser ces pays il en aurait envie... s'il n'avait redouté de revenir chargé des souvenirs « de ce qu'il n'a pas trouvé »....


Il cultive son jardin, cet endroit bien secret, où l'on côtoie le bien, le mal et le normal. Il s'y sent à son aise, pour l'avoir protégé, sans craindre de paraître rêveur ou décalé.
Il y fait du ménage et des aménagements, n'embarrasse pas les cases de « son appartement »... Il cultive ce qu'il est, c'est un service à rendre...  Il saura à jamais, de l'autre ne pas dépendre.


Il plante, bêche, et trime comme veut la société. Son travail l'abime ....le monde est ainsi fait. Mais au pied de cet arbre, qu'il a lui-même planté, il se pose parfois, et regarde au loin... c'est là que lui reviennent... toutes ses émotions... ses souvenirs de voyages à travers les bouquins...et c'est là qu'il s'éclipse, tout près et tellement loin...pour cultiver tranquille au fond de son jardin.

Publié dans : constatations, sidérations, et considérations
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 23:57

Comment ça va ?... comme un lundi.... Déjà une journée de passée...vivement ce week-end...

Nouveau lundi, la journée est finie.

Ils sont tous fatigués...fatigués de devoir rentrer, noyés dans les bouchons...fatigués de savoir c'qui les attend à la maison...fatigués de devoir commencer une soirée écourtée par avance par ces routes encombrées..

Lui se ronge les ongles, et crache ses rognures d'un geste répétitif au fond de sa voiture. Il se demande fébrile ce qui va lui rester pour tenir la semaine à ce rythme effréné.

Sur la file d'à coté, l'autre fouille dans son nez, pour pouvoir y trouver de quoi mieux s'occuper sur ce trop long trajet. Il ne s'imagine pas le dégoût provoqué, il est un peu chez lui, sa ceinture est bouclée.

Une femme, la quarantaine tirant vers le cinquante, regarde son visage dans le rétroviseur... le reflet n'est pas net...les restes du week-end...ces valises avachies ...lui prouvent qu'une fois de plus... la nuit n'a pas suffit.  Elle arbore à nouveau...ce regard fatigué, triste et un peu aigri... le regard du lundi...

Celle-là semble légère, le jour n'est pas fini....dans sa petite commerciale, elle se laisse porter par le rythme pulsé de la sono poussée. Elle ne conduit pas seule, elle est accompagnée...il se lit dans sa joie qu'il est son chevalier.

Et derrière... l'air hagard et vraiment harassé, une triste mine quasi inanimée fixe son couloir pour ne pas en dévier. Il est miraculeux qu'il n'ait pas accroché l'un des nombreux motards qui de peu l'ont  frôlé.

Enfin, l'homme pressé, les mains sur le klaxon, qui se met à parler seul à son plafonnier...le menton relevé, l'air soucieux, concentré... Il quitte son bureau mais jamais ses dossiers.

Tous, dans les mêmes bouchons, se doublent et se redoublent le pied sur  l'embrayage... au quatre coins du pays ... Ces drôles de personnages ont l'air de figurants....  Ceux d'un grand reportage au thème récurrent , celui d'un lundi soir très banal au volant....

Publié dans : un oeil sur un monde...
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 16:10

Je me souviendrais de tout... si les mots trop bornés acceptaient de transcrire le vivant, le vécu, le pensé, le senti, le « je suis » que je fus....

Mais il n'en est pas ainsi...le verbe dit, et l'homme vit.

Quel plaisir de pouvoir oublier pour vivre mieux. Quel bonheur de pouvoir oublier pour vivre encore une fois.


Je me souviendrais de tout...si vraiment je voulais...mais le parfum d'hier risquerai de « tourner »...Ses notes vertes et sucrées ne sauraient convenir au passé, au présent et puis à l'avenir. Je préfère disperser au grand vent « notes de têtes », histoires vécues, pour n'en garder que le jus d'un savant empirisme aux origines «  fondues ».


Je me souviendrais de tout... si seulement j'ouvrais les yeux pour voir, les oreilles pour entendre et le cœur pour vivre....
Mais, tant de choses se passent près de moi, sans même que je le sache...  tant d'images défilent, que je ne sais pas voir....Je me souviendrais de tout...mais qu'en ferai-je alors ?...Je ne suis qu'une infime partie de ce décor.


Je me souviendrai de tout... oui...

Je me souviendrai de toutes ces petites choses qui composent mon décor... que je note et compulse comme de vrais trésors... Ces instants bien ancrés, dont je grave  les contours d'un trait bien appuyé , plusieurs fois par jour, tous les jours de l'année.... les petits mots d'enfants... les couleurs des saisons... les fêtes de famille... les moments de passions... les tristesses passagères qui reviennent si souvent, qu'elles en sont plus légères avec le temps...


Je me souviendrai de tout, toutes ces taches de couleurs, elles  formeront ensemble le prisme du Bonheur.

Publié dans : Le temps passe... - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 00:15

Il me fixait derrière la vitre du salon, et s'avançait sur ses deux pattes, les ailes croisées derrière le dos.

Il me fixait... son bec pointu tirait vers le bas et son œil sévère ne regardait que moi... Il m'en voulait d'être là, c'était clair.

Quoi ?...Je délire...

« Ce n'est pas un piaf avec une cervelle de piaf qui peut m'intimider ?... »

Et bien si...

Il m'a mis mal à l'aise... « l'oiseau ».

Il m'a observé, comme dans un remake d'Hitchcock, sauf que là c'était vrai.

Son costume de pie, lui allait comme un gant... normal, c'était une pie...cet oiseau noir et blanc, qui marche avec classe, en toutes circonstances...

Il s'est approché de moi, me toisant de ses 10 cm de hauteur avec une expression qui semblait en dire long...puis il s'est mis à faire les cent pas, ses yeux noirs rivés sur moi.

J'aurais juré qu'il faisait le gué...

Non, je n'ai pas bu...Oui, j'étais seule.

Il n'est pas fou « l'oiseau », il m'a senti fragile et s'est donc essayé, alors à m'effrayer !

Non, je n'ai pas peur...Oui, il était seul.

Néanmoins, ce volatile m'a jaugé et je suis sûre qu'à cet instant...Il pensait...

...Va savoir ...

Publié dans : constatations, sidérations, et considérations
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 16:05

Sa vie pourrait être la nôtre quelques années avant...avant la famille...avant les enfants....avant ...avant qu'elle ne fasse ce choix.


Un choix, que vous et moi ne ferions sans doute pas...

Oui, elle a choisi...Choisi d'intégrer la communauté d'un couvent « aux portes fermées ».


Elle a choisi une vie si différente des nôtres... une vie tellement « décalée »...qu'il semble évident qu'elle possède une clé que l'on n'a pas trouvé, ou pas voulu chercher.

« Porter l'habit, faire fis de toute propriété, œuvrer pour la communauté et une fois entrée....fermer les portes de l'abbaye...à tout jamais... »



En faisant ce choix là...elle sait dès aujourd'hui ce que sera demain... elle y a projeté ses envies, ses desseins...

En pénétrant ce couvent  bordé de consignes et de règles qui régiront chaque espace de temps bien rempli, elle pourra consacrer ses heures, et donc toute sa vie sans la perdre à courir pour trop de petits riens... Elle sait qu'en  se créant un univers de paix, stable, solide et fermé... elle ne pourra plus s'évader, se perdre dans une multitude d'activités  de tous cotés....sa vie sera prière...sa vie sera méditation...sera comblée, dans une belle abbaye qui sera sa maison.



Ces femmes dont le regard pétille de paix et de joie, dont le sourire rayonne, dénuées de tout apparât...Ces femmes ont tout laissé... même leurs besoins, pour mieux se libérer de leurs entraves et quérir une liberté, qui nous parait si cher payée...

Ces femmes qui savent reconnaître que de bonheur elles n'ont pas tous les jours et que les doutes elles auront toujours...parfois terribles et accablants....trouvent en leur « force intérieure » et en leur « persévérance » la grâce qu'elles ont reçu.



Elle a fait ce choix...

Les sœurs de sa communauté lui tiendront compagnie, elles ont fait, elles aussi, ce même choix de vie....Elles douteront, vivront, mourront à ses cotés. Certaines seront amies, d'autres juste soudées. Parfois plus pesantes que des boulets à trainer. Mais elles seront liées d'un lien qui nous échappe...



Elle a fait ce choix.

Un choix qui ne laisse pas de bois...un choix choquant, dérangeant, étonnant, admirable,...un choix dont je ne sais pas ...quoi.

Par mapie - Publié dans : galerie de portraits
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 15:19

écrit pour les impromptus ( thème: commencer le texte par la phrase suivante " La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée.")



La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou  développer une pensée.

D'ailleurs...une conversation avec qui ?

Il le savait, cette fois encore, il était parti pour un de ces monologues, sans fin, que seul le timing toujours trop serré de ces colloques « cravatés » saurait abréger...

C'était un habitué.... Son intervention était minutée, bien rodée...après deux, trois questions sans intérêt...le cocktail...le diner.... minuit passé, l'affaire serait réglée.


Mais, là.....la pièce était véritablement très calme...trop calme...pesante...comme suspendue...à son écoute...

Il était entré dans la salle, aveuglé par ces spots aux lumières accablantes, qui cachaient 600 paires d'yeux  bleus, verts, bruns, ronds, cernés, vitreux, fatigués, et qui le fixaient, avec nul doute, une curiosité nourrissant un silence de ....mort.


Tous ces regards rivés sur ses pensées, sur ce cerveau qu'il mettait à l'ouvrage...semblaient avoir réduit à néant toute autre forme de mouvement chez ces gens.

Bien évidemment, il savait de quoi devait traiter son intervention. Le  sujet, il le maitrisait, il l'avait vécu, il en était l'auteur éminement connu...

Alors pourquoi...une telle appréhension.... ? Pourquoi une telle panique, un tel vertige...Pourquoi aujourd'hui...plus qu'un autre jour ?


Parce que...

La pièce était trop calme... le silence trop pesant... rien de palpable... rien de vivant...le grand vide....le néant.....

Il était là...sur son estrade....le front luisant, les gouttes glissant sur ses tempes une à une, le suppliciant...pas un souffle, pas même un murmure ou le vibreur agaçant du portable habituellement si fréquent.


Si...

...au loin...quelques bruissements de foule....une agitation, comme une porte qui s'entrouvre sur une vie soudaine, un souffle venant du couloir, un rai de lumière dans le noir....

Puis...

...un retentissement.....les spots qui s'éteignent...la salle se rallume....l' adrénaline soudaine....

Personne dans les rangs.... Lui, seul, ruisselant...


Juste une voix... à la porte... au fond.... près de l'entrée....


-         Monsieur...ils vous attendent.....Ils sont tous à coté ...


Ils sont tous à coté...dans l'autre bâtiment.... murmurant des critiques, avant même son entrée,  lui reprochant sans doute son retard « calculé »...


Il eut dû s'en douter... La pièce était trop calme... seule une très grande absence pouvait être aussi présente.

Par mapie - Publié dans : galerie de portraits
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