Lundi...début de semaine, comme chacun sait. . .
J’ouvre un œil, et de toute évidence pas le bon… je pose un pied par terre, et de toute évidence pas le bon. Mais malgré tout, chacun
d’entre eux est talonné par le second qui, lui, connait la marche à suivre…
Seule la mise en chauffe tend à trainer, car pour le reste la machine est assez bien huilée. Les enfants rechignent
à s’habiller, mon cher mari se cache sous les oreillers comme s’il y cherchait la solution au problème de résultats de son entreprise… Je descends vite
vêtue ; même pas douchée, dans une cuisine où le lave vaisselle reste à vider… Lundi, début de semaine comme chacun sait. .. mais la machine est bien huilée…
Mardi… l’heure est à la parole, et l’on parle de tout.
De l’apparence….
- Maman, ils sont gros mes muscles ? demande Quentin, tout chétif, en sortant du bain.
- Ben…pour un enfant de ton âge, j’imagine que oui…
- Très ??
- Euh….je ne suis pas une spécialiste en muscles (c’est qu’il est vraiment fin, limite asperge, tout nu et tout mouillé….difficile
d’en rajouter …)
- Ca existe des spécialistes en muscles ??
De la vie….
- Pourquoi on grandit ?
Parce que c’est comme ça, il y a un temps pour chaque chose…
J’aimerai tellement être grand…
Mange ta soupe, Quentin, et tu parleras plus tard...
Des dangers domestiques…
- Ne joue pas avec un couteau Timothée, tu vas te blesser. Tu sais qu’il y a des tas d’accidents d’
enfants qui arrivent dans une maison ?
- Ben oui, même que si 2 enfants jouent au foot avec un couteau, ils risquent de se couper les
pieds !!
De la vieillesse :
- Ca existe des gens qui ont 140 ans ?
- Il y a des gens qui vivent longtemps…
- Ils sont comment ?
- Comme des personnes âgées…
- Ah oui, alors ils ont la peau toute molle et qui pend
- Bonne nuit Quentin.
Mercredi… Culture quand tu nous tiens…
La journée des activités commence et les enfants ont bien l’intention de me le faire comprendre dès le lever du soleil ou plutôt, dès
leur lever.
Le mercredi, c’est l’éveil musical de Timothée, tout le monde est « chargé » dans la voiture et une fois
la porte passée, j’endosse mon rôle de maman parfaite. L’air faussement détendu, je cherche une place dans les rues et m’inquiète du bien être culturel de mes trois
enfants….
Le mercredi, c’est la journée des rencontres.
Un papa parfait, soucieux lui aussi d’être le meilleur de tous, se place auprès de moi et me propose gentiment de passer notre ¾
d’heure d’attente ensemble… Je peaufine alors mon costume étriqué de maman idéale :
- Les enfants, quel bonheur ! Chacun de mes enfants pratique une activité, mais point trop
n’en faut, laissons les rêver, voire même se laisser aller à une oisiveté salvatrice …ce monde est si oppressant pour nos petites têtes blondes….
A qui lit cette prose, mes propos semblent chargés de beaucoup d’ironie, mais détrompez vous, ils plaisent à ce charmant monsieur qui
n’y voit que la bonté d’une mère prête à tout pour le bonheur de ses enfants. Et finalement, on s’y retrouve tous, car je suis cette mère qui ne souhaite que le confort et le bien être de ses
enfants . Mais, il faut reconnaître que je n’ai pas non plus l’intention de courir par monts et par vaux pour accompagner mes trois poussins à leur 4 activités hebdomadaires soit 12 au
total…et je ne parle pas du prix.
Jeudi... : le libre échange
La semaine reprend son cours… le petit copain de Quentin vient manger à la maison, c’est l’échange de repas… Une pratique très
courante… Les heureuses mamans en quête d’un midi « libéré » dans la semaine se confient leurs enfants hebdomadairement.
Bref, Quentin a mangé chez son copain lundi… aujourd’hui c’est jeudi…
Encore une chance que la semaine des quatre jeudi ne soit qu’un mythe !
Chaque jeudi, la barre est plus haute, le petit « invité » ne mange plus de poulet, n’aime plus les haricots verts, ou
recrache les courgettes... Je frissonne le lundi en imaginant le repas du milieu de semaine. L’échange est une pratique courante mais qui demeure à risque pour qui ne maitriserait pas totalement
la parfaite orchestration de 4 petits fauves dans une cuisine décidemment trop étriquée.
Vendredi…. : fin de semaine …le temps passe..
J’ai lu une citation extra chez le médecin , ou plutôt dans sa salle d’attente aujourd’hui : cela disait à peu près
ça : « je viens de faire un régime. En 14 jours j’ai perdu 2 semaines… »
C’est absolument fabuleux. Oui je sais,
on en parle souvent…c’est la cavalcade du temps…N’empêche qu’il est affolant de voir à quelle vitesse les jours filent et nous le rappelle à travers de petits détails quotidiens insignifiants au
demeurant. Prenons un exemple. J’ai 2 tubes de dentifrice (celui du soir, il est gris et celui du matin, il est blanc). Pourquoi deux ? peu importe, c’est
belle maman qui me les as donné, et je suis son traitement la bouche ouverte et les yeux fermés. Eh bien chaque soir, avant même de mettre le dentifrice GRIS sur ma brosse à
dent, j’ai l’impression que je viens à peine de le quitter …effet d’optique ? erreur d’utilisation ?...toujours est il que le tube blanc diminue aussi vite que le
gris. Alors je pose la question : Qui a touché à mon dentifrice ?
Le temps. Je ne vois que cela. La cavalcade du temps use mon dentifrice. Le tube blanc file si vite entre mes dents, qu’il n’accroche
pas la journée, et ne laisse au tube gris que le douloureux constat d’un jour trop vite passé !
Samedi :
C’est samedi, la famille est au grand complet, cinq âmes qui ne demande qu’à errer dans le salon devant la télé… Eh bien non, car le
samedi, c’est un jour où l’on sort, où l’on rit où l’on fait les courses, où l’on reçoit, où l’on se dit vivement samedi prochain car celui-ci sera trop court.
Dimanche…violences familiales…
- Tu es fou ou quoi ? Tu as failli me crever l’œil geint Timothée
- Ah, mince répond Quentin …en vérifiant s’il ne l’a pas crevé juste un peu…
Lucile me tape le bras dans un esprit joueur. Trop attachée au fait qu’un enfant ne tape pas sa mère (il parait qu’à 2 ans on fait la
moitié de sa taille adulte…imaginez qu’il faille aussi multiplier les coups par 2…), je lui en fais la remontrance. Elle me répond l’air offusqué » :
- « é pas moi »…