Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 21:40

Elle est là, petite brindille légère et  raide sur ses jambes  promenant sa canne pour le cas où…Elle lutte seule contre le vent et ,dans sa joute, elle se cabre, se penche si fort qu’une halte soudaine de ces rafales incessantes suffirait à la laisser choir sur le bord du trottoir… Son imperméable est beige, neutre, ajusté à la taille, à peine plus grand qu’un bracelet. La silhouette est fragile, le visage lui, semble dur et fier…l’habitude sans doute de lutter si fort contre le temps…celui qui passe …et celui qui agite les éléments…

Lui, lourd et bonhomme, balaie du regard ses deux pieds. De ceux qu’il croise, il ne connaît que les chaussures, se demandant à peine qui donc avance d’un pas si sûr. La casquette vissée sur la tête, l’air las et sans joie, il descend la rue à petit pas. Jambes à demi pliées, « goutte au genoux », la position du golfeur au moment de jouer…sauf que lui ne joue plus, si tant est qu’il l’ai fait.  Il pense, mais ses pensées ne transpirent pas sur son visage presque éteint… Il se laisse enfermer dans son monde intérieur, très certainement  aidé par son début de surdité.  Où est sa joie ? Sans doute devrait-il lever un peu son visage et nous regarder lui sourire. Nous partagerions ensemble le bonheur d’être là?

Cet autre encore est seul, mais lui, lève la tête  et passe quotidiennement devant les écoles maternelles pour sourire aux enfants. Aidé par une béquille, presque une amie, il fait dix ou douze fois le tour du centre par tous les temps pour ne pas perdre le pas…. Qui ne l’a pas croisé ? C’est une figure du coin… un polaire gris ardoise…la couleur de son âge… qu’importe, l’élégance n’a que peu d’importance… Le sourire est parfois un peu crispé par la fatigue, la douleur ou les soucis mais souvent rayonnant de sagesse et du plaisir des quelques mots échangés. Son parcours est jalonné par nombre bancs lui assurant un peu de souffle  pour les autres pas à venir…

Et ces deux là…Qu’ils semblent heureux..Elle, l’œil pétillant, curieuse de ce qui l’entoure. Lui, l’air digne et  le regard profond…De cette profondeur insondable que seul l’âge octroie… Ils avancent avec le temps, se tenant l’un et l’autre par le bras. Leur corps est fatigué, cela ne se voit pas. Ils ne font qu’un. Ils portent à deux les douleurs de l’âge… Parce que, l’un comme l’autre ne se sont jamais fait défaut, la plénitude est là, rayonnante et présente plus que toute parole.

Elles sont là, nos personnes âgées… Elles ont toutes un air de famille… elles sont dans nos rues…  elles ne nous voient pas toujours….c’est à nous de les voir et reconnaître en elles un peu de ceux et celles qui ont fait ce qu’on est.

Par mapie - Publié dans : galerie de portraits
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 21:33

Je vois les heures qui s’écoulent, les semaines qui passent…

Je vois les mois qui filent et les années qui tracent sur mon corps quelques marques de la vie.

Je regarde l’enfant qui grandit devant moi et me surprends à espérer qu’il grandit grâce à moi ; et je nourris bébé, les yeux émerveillés par la perfection de ce petit être, encore à l’aube de Sa vie.

Je vois le monde qui tourne trop vite…Je vois la terre qui ne tourne pas rond.

Je regarde les informations terribles à la télévision,

et me surprends à douter qu’il y ait un sens à cette réalité ; et j’angoisse seule dans mon salon chauffé sur l’avenir que nous allons donner à nos bébés.

 

Je vois les enfants dans les poussettes, les jeunes fumer des cigarettes, les presque adultes s’embrasser…

Je regarde les parents s’inquiéter pour demain et me surprends à espérer que chacun d’eux aspire à une vrai paix ; et je mise sur ce monde que nous devons sauver.

Par mapie - Publié dans : Le temps passe...
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 21:26

 

 

Ce soir, je suis seule. Mon mari, très occupé doit rester en province pour la soirée…La nouvelle est tombée, comme un couperet. J’ai su très vite que j’étais condamnée.

Tandis que le jour décline, l’angoisse monte peu à peu…

Je ferme les volets avant que la nuit tombe. La porte est verrouillée avant même le goûter…. J’enclenche le système d’alarme, et recharge consciencieusement mon téléphone portable, au cas où… …Ils couperaient la ligne…

Ce soir, je suis seule. Seule contre l’adversité. Seule contre toute la cruauté humaine, et les faits relatés dans les journaux que mon esprit effleure sans même vouloir toucher. Mon homme n’est pas un belliqueux, il ne leur ferait pas peur surtout s’ils sont nombreux.. d’ailleurs juste la présence de ma maman suffirait à calmer mes tourments mais là…là, je suis seule….

Gardant la tête haute devant mes trois enfants, j’ai continué mes activités quotidiennes et c’est courageusement que je suis descendue à la cave…

La machine à laver a avancé d’un mètre ! Quelqu’un est entré dans la maison !...peut être y est il encore ? j’appelle les parents… consciente du ridicule de la situation mais terrorisée tout de même, je leur décris le fait divers dont je suis la victime…

- Ce sont des choses qui arrivent souvent durant l’essorage, me dit maman - C’est vrai…qui viendrait juste dans mon sous-sol pour déplacer sans même la vider ma machine à laver !!?? N’empêche, je suis bouleversée. Je fais le tour de la cave, le cœur serré pour vérifier qu’un vendeur de chez Darty n’est pas venu m’égorger…

Et je remonte, les nerfs à vifs …pourquoi ce soir ?

 

Je vais sans doute, une fois les enfants couchés, restreindre mon périmètre, après avoir bien vérifié qu’il ne pouvait y avoir un homme caché dans chacune des pièces de ma trop grande maison.

 Et seulement là…seulement là je vais boire un petit verre de vin…oh, rien de bien fort, il faut que je garde mes forces et surtout toute ma tête au cas où… Puis, je vais m’installer devant un film scrupuleusement sélectionné, afin d’éviter la violence gratuite qui pourrait me briser..

 

Je ne prendrai pas de livre, les pages que je tourne ne font pas assez de bruit pour cacher ceux de la maison. Je suis en équilibre précaire, le moindre bruissement non identifié risque de me faire sombrer.

Décidemment, je préfère quand il pleut… ce bruit constant m’est familier et me tient compagnie, un peu comme un vieil ami. Et puis par temps de pluie le voleur ne sort pas ou peu… après tout c’est un homme, il n’aime pas plus la pluie que nous...sans compter qu’il hésiterait à pénétrer chez moi les pieds mouillés…

 

Les oreilles aux aguets, toutes lumières allumées je finirai sans doute par aller me coucher.. Pourvu que les enfants ne se réveillent pas… je n’sais si je pourrais survivre à cela..

Ce soir je suis seule. J’ai prévenu les parents, ils faut qu’ils sachent…au cas où….Ils habitent loin d’ici, et c’est de Normandie qu’ils pourront ne pas intervenir si seulement…

Ce soir je suis seule. Je n’ai pas d’arme, même mon courage me fait défaut. Et s’ils rentraient…que ferions nous ? … J’ai prévu tout pour le cas où ils ne rentrent pas…mais s’ils rentraient ????

 

J’ai bien dormi. Il est sept heures. Qui a dit que la peur n’éloignait pas le danger ??? Ma frayeur irraisonnée, faute de me soulager l’a tout de même évitée.


Par mapie - Publié dans : petits soucis et gros tracas d'une mère au foyer
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 21:24

Quelle femme saurait résister à l’appel des soldes, promo et liquidation en tout genre ?

Moi… moi, car je n’achète que si je veux, que quand je veux et heureux hasard, je ne veux pas trop souvent.

Je ne suis pas une bonne ménagère de moins de cinquante ans assez spontanée pour se laisser tenter. Une fois un article acheté, je me sens presque comblée..alors pourquoi me laisserai-je attirer par ce trois pour le prix de deux que les commerces ne cessent d’agiter sous mon nez.

Une fois…

… oui une fois, je me suis dit qu’il était grand temps que je me laisse aller à faire des affaires… je suis allée à la foire au gros…j’ai acheté du  papier toilette pour un semestre en espérant pouvoir faire entrer tous ces rouleaux dans mon petit monospace sans que trop de personnes n’observe ma soudaine boulimie pour ce produit certes utile mais peu « glamour »…

Et bien, figurez vous que les provisions du semestre se sont épuisées en trois mois tout compte  fait !...

Nous avons frôlé la rupture de stock…Quelle succès… à trop en avoir, on use, on abuse on excuse le gâchis !!! eh oui, le papier toilette aussi ….ça s’use, ça pollue,  ça se gâche…. Je ne me laisserai plus tenter par un prix de gros aussi alléchant à moins d’avoir mis au point une gestion des stocks avec un réassort automatique…

L’appel des soldes n’est pas pour moi. Je suis un artisan des courses. Je travaille sur mesure, à la petite semaine, au besoin !!  Mon frigo est toujours vide, mon caddie n’est jamais plein…mes penderies, elles, sont bondées…d’achats  qu’aucune foire, solde ou promo ne m’ont dictés.

 

Par mapie - Publié dans : petits soucis et gros tracas d'une mère au foyer
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 21:22

Aujourd’hui, c’est mon jour de liberté. Je me libère de l’entrave familiale pour aller me coincer entre les griffes de Camille Albane qui me trouve le cheveu sec et le soin nécessaire…Mon espoir de faire les soldes, s’amenuise au rythme des balayages, soins, brushings et autres produits conseillés…et par là même imposés…

Et pourtant… j’aimerais tant m’aimer dans une petite jupe bien coupée et bien soldée…

La matinée a filé à grande vitesse, mes cheveux ont eu raison du reste de mon corps ; mon jean délavé a de beaux jours encore devant lui…

Faute de temps et faute d’argent, « j’enfile » un caddie et m’élance dans les rayons fruits et légumes d’un hypermarché hyperbranché  puisqu’encore jamais visité ..

Ah ! l’attrait de la nouveauté !...aujourd’hui c’est mon jour de liberté….imaginez : mon champs d’action s’est étendu de plus de 10 kilomètres à la ronde, les produits sont les mêmes, mais le plaisir de les acheter s’en trouve améliorer…

16H00…mon jour de liberté sans crier gare s’est achevé ! Comment ça ? mon jour de liberté est de courte durée ?

Je cours chercher les petits, ranger les courses et le goûter … mon brushing n’a pas résisté… ce n’est rien…

Plus que quinze jours…j’attendrai….mon prochain jour de liberté.


Par mapie - Publié dans : petits soucis et gros tracas d'une mère au foyer
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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 20:02

Lundi...début de semaine, comme chacun sait. . .

 

J’ouvre un œil, et de toute évidence pas le bon… je pose un pied par terre, et de toute évidence pas le bon. Mais malgré tout, chacun d’entre eux est talonné par le second qui, lui, connait la marche à suivre…

Seule la mise en chauffe tend à trainer, car pour le reste la machine est assez bien huilée.  Les enfants rechignent à s’habiller, mon cher mari  se cache sous les oreillers comme s’il y cherchait la solution au problème de résultats  de son entreprise… Je descends vite vêtue ; même pas douchée, dans une cuisine où le lave vaisselle reste à vider… Lundi, début de semaine  comme chacun sait. .. mais la machine est bien huilée…

 

Mardi…   l’heure est à la parole, et l’on parle de tout.

 

De l’apparence….

- Maman, ils sont gros mes muscles ? demande Quentin, tout chétif, en sortant du bain.

- Ben…pour un enfant de ton âge, j’imagine que oui…

- Très ??

- Euh….je ne suis pas une spécialiste en muscles (c’est qu’il est vraiment fin, limite asperge, tout nu et tout mouillé….difficile d’en rajouter …)

- Ca existe des spécialistes en muscles ??

 

De la vie….

      -    Pourquoi on grandit ?

Parce que c’est comme ça, il y a un temps pour chaque chose…

J’aimerai tellement être grand…

Mange ta soupe, Quentin, et tu parleras plus tard...

 

Des dangers domestiques…

- Ne joue pas avec un couteau Timothée, tu vas te blesser. Tu sais qu’il y a des tas d’accidents d’ enfants qui arrivent dans une maison ?

- Ben oui, même que si 2 enfants jouent au foot avec un couteau, ils risquent de se couper les pieds !!

 

De la vieillesse :

-     Ca existe des gens qui ont 140 ans ?

-     Il y a des gens qui vivent longtemps…

-     Ils sont comment ?

-     Comme des personnes âgées…

-     Ah oui, alors ils ont la peau toute molle et qui pend

-     Bonne nuit Quentin.

 

Mercredi… Culture quand tu nous tiens…

La journée des activités commence et les enfants ont bien l’intention de me le faire comprendre dès le lever du soleil ou plutôt, dès leur lever.

Le mercredi, c’est l’éveil musical de Timothée, tout le monde est « chargé » dans la voiture  et une fois la porte passée, j’endosse mon rôle de maman parfaite. L’air faussement détendu, je cherche une place  dans les rues et m’inquiète du bien être culturel de mes trois enfants….

Le mercredi, c’est la journée des rencontres.

Un papa parfait, soucieux lui aussi d’être le meilleur de tous, se place auprès de moi et me propose gentiment de passer notre ¾ d’heure d’attente ensemble… Je peaufine alors mon costume étriqué de maman idéale :

-  Les enfants, quel bonheur ! Chacun de mes enfants  pratique une activité, mais point trop n’en faut, laissons les rêver, voire même se laisser aller à une oisiveté salvatrice …ce monde est si oppressant pour nos petites têtes blondes….

A qui lit cette prose, mes propos semblent chargés de beaucoup d’ironie, mais détrompez vous, ils plaisent à ce charmant monsieur qui n’y voit que la bonté d’une mère prête à tout pour le bonheur de ses enfants. Et finalement, on s’y retrouve tous, car je suis cette mère qui ne souhaite que le confort et le bien être de ses enfants . Mais, il faut reconnaître que je n’ai pas non plus l’intention de courir par monts et par vaux pour accompagner mes trois poussins à leur 4 activités hebdomadaires soit 12 au total…et je ne parle pas du prix.

 

Jeudi... : le libre échange

 

La semaine reprend son cours… le petit copain de Quentin vient manger à la maison, c’est l’échange de repas… Une pratique très courante…  Les heureuses mamans en quête d’un midi « libéré » dans la semaine se confient leurs enfants hebdomadairement.

Bref, Quentin a mangé chez son copain lundi… aujourd’hui c’est jeudi…

Encore une chance que la semaine des quatre jeudi ne soit qu’un mythe !

Chaque jeudi, la barre est plus haute, le petit « invité » ne mange plus de poulet, n’aime plus les haricots verts, ou recrache les courgettes... Je frissonne le lundi en imaginant le repas du milieu de semaine. L’échange est une pratique courante mais qui demeure à risque pour qui ne maitriserait pas totalement la parfaite orchestration de 4 petits fauves dans une cuisine décidemment trop étriquée.

 

Vendredi…. : fin de semaine …le temps passe..

 

J’ai lu une citation extra chez le médecin , ou plutôt dans sa salle d’attente aujourd’hui : cela disait à peu près ça : « je viens de faire un régime. En 14 jours j’ai perdu 2 semaines… »

C’est absolument fabuleux. Oui je sais, on en parle souvent…c’est la cavalcade du temps…N’empêche qu’il est affolant de voir à quelle vitesse les jours filent et nous le rappelle à travers de petits détails quotidiens insignifiants au demeurant. Prenons un exemple. J’ai 2 tubes de dentifrice  (celui du soir, il est gris et celui du matin, il est blanc). Pourquoi deux ? peu importe, c’est  belle maman qui me les as donné, et je suis son traitement la bouche ouverte et les yeux fermés. Eh bien chaque soir, avant même de mettre le dentifrice GRIS sur ma brosse à dent,  j’ai l’impression que je viens à peine de le quitter …effet d’optique ? erreur d’utilisation ?...toujours est il que le tube blanc diminue aussi vite que le gris. Alors je pose la question : Qui a touché à mon dentifrice ?

Le temps. Je ne vois que cela. La cavalcade du temps use mon dentifrice. Le tube blanc file si vite entre mes dents, qu’il n’accroche pas la journée, et ne laisse au tube gris que le douloureux constat d’un jour trop vite passé !

 

Samedi :

C’est samedi, la famille est au grand complet, cinq âmes qui ne demande qu’à errer dans le salon devant la télé… Eh bien non, car le samedi, c’est un jour où l’on sort, où l’on rit où l’on fait les courses, où l’on reçoit, où l’on se dit vivement samedi prochain car celui-ci sera trop court. 

 

Dimanche…violences familiales…

 

- Tu es fou ou quoi ? Tu as failli me crever l’œil geint Timothée

- Ah, mince répond Quentin …en vérifiant s’il ne l’a pas crevé juste un peu…

 

Lucile me tape le bras dans un esprit joueur. Trop attachée au fait qu’un enfant ne tape pas sa mère (il parait qu’à 2 ans on fait la moitié de sa taille adulte…imaginez qu’il faille aussi multiplier les coups par 2…), je lui en fais la remontrance. Elle me répond l’air offusqué » :

- « é pas moi »…


Publié dans : La semaine des quatre jeudis
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